188. parce que [la suite]

fraise

Le 25 mai 2001, j'écrivais : « Je pense que si je meurs un jour (mais les fées ne sont-elles pas immortelles?), je mourrai debout, en marchant, ou penchée en train d'arroser une fleur, ou occupée à embrasser mon fiancé (I know he's coming soon) ou assise, un crayon à la main en train d'écrire fiévreusement une lettre d'amour. »

Wanted s'est prêté au jeu et il a répondu aux questions d'hier. En fait, il a tellement bien fait son travail que je n'ai pas trop su quoi faire avec ses réponses.... Il m'a eue ?

RÉSUMÉ : les trois questions étaient les suivantes :

1) pourquoi j'écris,
2) j'écris pour pas mourir,
3) j'écris pour vivre.

Drôles de questions. Donc, j'ai fait comme j'ai dit, j'ai interrogé le moteur de recherche de ce journal et j'ai obtenu 37 réponses à la première question, 8 à la deuxième et 22 à la troisième. C'est beau, mais je fais quoi maintenant ?

J'ai dit « drôles » de questions ? Peut-être pas. Parce que Wanted m'a tout retracé ce qui parle de pourquoi j'écris, incluant le pourquoi j'écris mon journal online... eh oui.

- Mais c'est pas ça que je t'avais demandé, Wanted. Quoi ? C'est ça qui t'intéresse, toi, mon journal ? Fallait le dire.

- Mais oui, ton journal m'intéresse. Je ne fais que ça, le lire. Mais je m'intéresse de moins en moins aux questions qui torturent madame Tartempion concernant le journal online. J'en ai fait le tour cent fois et j'ai fini par comprendre qu'écrire un journal sur l'Internet pour analyser pourquoi on en écrit un ou pourquoi les autres le font, ça m'embête profondément. Pire, ça m'endort. Enfin, j'y vois un petit côté onanisme intellectuel, pas toi ? mais enfin, tu ne crois pas que ça t'empêche d'écrire ce que tu veux pour vrai ? J'ai pas envie que ton journal serve à monitorer le diarisme online. Je ne suis pas un spécialiste de la chose. Tu as besoin de ce journal pour toi, pour écrire, c'est ce que tu dis, oui ou non ?

- Oui, je comprends. Là, tu me dis mes quatre vérités. Mais on peut écrire ce qu'on veut dans un journal, je te dis que ça se peut, que ça se fait, que tout se fait. Mais arrête, Wanted, tais-toi, tu m'empêches de penser. J'y comprends rien à rien à tes trucs machins. Tout ce que je voulais c'est savoir si j'avais déjà écrit « Pourquoi j'écris » en général, pas dans le journal. Apparemment, j'ai jamais écrit ça, mais... j'ai trouvé des échos, quelques pistes.

Voilà qu'après avoir fait le tour des 67 pages, je pense qu'il vaut mieux que je ne cite pas un par un chacun des liens que Wanted a répertoriés, ça serait trop long et surtout parfaitement redondant. J'ai repiqué ici et là certains extraits. Pour moi :

141. Les Mots
« Les mots se donnent. Le premier mot à sortir du silence n'est qu'un trait, une ligne. Il se pare, il s'habille puis il s'élance dans le vide. Les mots se donnent. Je les donne.
« Je ne peux m'imaginer vivre sans essayer de comprendre le monde.
« Je cherche depuis toujours. J'écris depuis toujours. C'est dans ma nature. Je vis à l'intérieur et mon intérieur est en perpétuel recommencement, en renouvellement constant.»

20. Nuda Veritas
« Script se relève souvent en pleine nuit pour écrire son journal. J'aime bien écrire la nuit. Mais ce que j'écris ne prend pas toujours le chemin...
« Quand on porte le nom de Script, il arrive que l'on se sente investie de drôles de pouvoirs. Pouvoir d'écrire. Vu comme un pouvoir de transformer le monde, transposer la réalité. Faire de l'amour un langage, le vivre sous plusieurs formes.»

152. Une maladie incurable
« Mon plus grand rêve est de laisser libre cours à l'étrangeté, à la beauté et à l'infini indompté des mots, du langage. J'ai souvent le sentiment que je n'y arrive pas. Mais si je suis molle, parfois, le plus souvent je mords dans la vie avec des mots fous. Alors je ne veux jamais abandonner ça : je veux vivre et mourir de faire ça, suer sang et eau pour écrire sur cet écran et sur du papier blanc.
« Je me demande si les gens peuvent comprendre le plaisir qui naît de l'écriture. J'aime écrire et je veux dire tout, même l'absurde, les tabous. J'ai les mêmes peurs qu'avant pour ma vie et ma mort mais je n'ai pas peur d'écrire. Depuis peu, je n'ai même plus peur d'aimer. L'amour donne des ailes.
« J'écris essentiellement parce que j'aime ça. J'aime écrire...»

168. Pour les secrets intimes, il restera toujours le journal papier.
« Un autre soir, un autre matin. Je pose et repose la question sur le sens de ce que nous vivons. Mon seul moyen : les mots, les Lettres. Faire et refaire les liens entre littérature et connaissance. Entre littérature et dévoilement du monde: l'art de la fouille...»

73. Les chèvres sont pas toutes en train de brouter...
« Quand j'écris, je suis une fleur. »

144. La lune de lait
« Face au monde extérieur, je suis comme lui. Je ne suis pas tout à fait apprivoisée et ne le serai probablement jamais parce que ce monde je ne l'accepte pas tel quel, alors j'écris, j'écris. »

Une petite surprise avec ça ?
Aux trois questions, Wanted a sorti ce titre, extrait du Journal de Katherine Mansfield... ça parle ? Oui, ça parle du mercredi 21 février 2001 :
« Je voudrais écrire une histoire inventée mais vraisemblable [...] qui fasse battre le coeur du lecteur, l'émeuve, d'une manière durable...»

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