116. un silence éternel

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les mots chuchotent
affamés
gouttes de rosée
je bois les matins
somptueux délires
effrayantes douceurs
je me suis perdue
le vent m'emporte
je ne sais pas
m'effacer
m'arracher
chair et sang
sel des rivières
clé de l'absurde
profondeur du rêve
le vent m'emporte
avec les fleurs sauvages
là et seule
je contemplerai
un silence éternel

Encore un matin furieux qui s'échappe du calendrier. Que faire contre cette fuite insensée des heures et des jours ? Partir dehors et vivre dans les bois, ou encore au bord du fleuve si désespérément souillé de nos erreurs maladives.

Il faut que je sorte au plus vite de cette ville. Mais comment faire ? Aujourd'hui, je rêve que je prépare mon plan de fuite : demain à l'aube, je prendrais la route du Bas-du-fleuve et après avoir roulé 7 à 8 heures, je retrouverais la petite maison qui m'attend depuis toujours. Et je commencerais le même jour à la remettre en état. Une serpillère, un marteau, des clous, quelques chiffons et beaucoup d'eau fraîche. Quand j'aurais terminé, je reviendrais à Montréal le temps de vendre ou louer cet appartement trop grand, le temps d'emballer mes livres et quelques affaires. Ainsi, je réussirais à ne plus jamais vivre autrement qu'entourée d'oiseaux et de fleurs. De neige et de poudrerie l'hiver. Je voudrais vivre ce départ sans regarder derrière. Partir : définitivement seule et sauvagement libre. Nor with you, nor without you. Mais comment faire si je ne rêve pas ?

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