Faire la sieste dans un champ semé de fleurs sauvages

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Que deviendrait ce journal, sans le rituel d'y coller mon image-fleur ?

Je rêve à la campagne. Un dimanche après-midi d'été. Je marcherai dans les champs pleins de fleurs sauvages de toutes les couleurs. Fatiguée, je me coucherai au pied d'un vieux chêne, dans un creux formé par deux grosses racines qui émergent du sol. Cet espace est doux et tapissé de mousse. Je m'endormirai.

La douceur m'enveloppe. Est-ce un papillon qui effleure mon visage ? Non. Des lèvres déposent un tendre baiser sur ma joue gauche. Sans ouvrir les yeux, je sais qui est là, tout près. Je savoure l'instant. Puis je le regarde. Je vois la mer dans son regard-lumière.

Il m'offre un gros bouquet de campanules fraîchement cueillies et qu'il a nouées avec un mince ruban de satin violet. Je m'asseois pour respirer le parfum des fleurs. Lui rendre son baiser. Voilà qu'il se penche à nouveau pour me souffler à l'oreille : Si tu veux, voici une bolée de Perlinpin, la poudre, qui ressemble a de la lessive de dessin animé. On la soupoudre sur la tartine lors d'une pause thé pour faire des farces à ses amis. Les tartines se tordent et se mettent à émettre des considérations philosophiques et discutent dosage du sucre avec Zoulou, le loup qui faisait du thé. Les tartines sont des mégères et puis, quand elles boudent, elles tombent sur la mauvaise face. Il y en a qui mentent sur ce phénomène, effrontément, mais nous connaissons la vérité... C'est beau. Fasse le ciel que je ne te perde pas. 

Voilà que je me réveille de ce rêve trop beau : je suis une campanule conservée entre les pages d'un journal intime. Fasse le ciel que je ne le perde pas.