60. je préfère être gardienne d'oies dans un conte merveilleux et raconter comment la princesse perdit son cheval et ses beaux habits

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J'ai passé presque toute la journée du 12 avril 2001 à dormir.  C'est si bon dormir.  Quand je suis entrée dans mon lit, ce matin, il faisait soleil.  Et à l'heure qu'il est, le ciel est tout gris foncé, il a plu et le temps est à l'orage.  Et quoi encore?

 Pourquoi on y tient tant que ça à parler encore et encore de la température?  Et du temps qu'il fait?  Ça n'arrête jamais.  En ce qui me concerne, j'aime tout : la pluie, la neige, la grêle, le soleil, la brume, et le reste.  Tout le reste.   C'est si beau, le temps qu'il fait.  C'est d'ailleurs la seule raison d'en parler. 

Faut que j'aille faire des courses.  Plus grand chose dans le frigo.  Mais j'ai pas du tout faim.  J'irai demain.  J'ai un peu de pain et de miel, cela va suffire pour ce soir.  Et puis il faut que je retrouve la suite de ce conte.

Script?  Où est-elle encore passée celle-là?  Me surprendrait pas du tout qu'elle se trouve dans quelque coin sombre pour écrire un autre journal online juste pour elle et qu'elle me laisse tomber.  Elle m'a au moins écrit quelques lignes avant de disparaître.  C'est la suite, là où on racontera comment la princesse perdit son cheval et ses beaux habits.

Quand la princesse voulut remonter à cheval, la servante lui dit : « Falada est pour moi et toi, tu prendras mon cheval...  ma vieille rossinante est pour toi.»  Elle lui demanda de se déshabiller complètement et d'enfiler ses propres vêtements.  Elle revêtit ensuite le corsage de soie blanche si doux, et tous les autres habits princiers.  Puis elle fit jurer à la princesse qu'elle ne dévoilerait jamais rien de tout cela à qui que ce soit.  Elle ajouta même que si elle refusait de jurer, elle lui trancherait la gorge tout net d'un seul coup de sabre, et sur le champ.  Alors, comme la princesse tenait à la vie, elle n'eut d'autre choix que d'obéir.  Mais Falada, lui, avait tout vu et tout entendu.  Et il se promit de s'en souvenir.

Ensuite, les deux femmes poursuivirent leur chevauchée :  la servante habillée en princesse montant le magnifique Falada, et la princesse déguisée en servante s'agrippant de toutes ses forces à la pauvre rossinante.  C'est ainsi qu'elles arrivèrent aux portes du château royal.

C'est tout?

Dommage.  J'aurais bien aimé connaître la suite de l'histoire.  Sauf que oui, c'est tout ce que j'ai trouvé pour ce soir.  Je me demande si la princesse va parler et dénoncer la méchante servante pour que la vlimeuse soit enfin jetée en prison, les chaînes aux pieds.  Mais on sait que les princesses sont timides [dans les contes merveilleux, du moins].  Peut-être que la méchante servante va en profiter et lui faire encore plus de mal?  Mais que peut-il lui arriver de pire que de se faire voler sa propre identité?  Se faire voler son nom?  Mais on ne le sait même pas, son nom.  On l'appelle : la princesse, ou : elle.  Quelle histoire!  Alors, j'ai bien l'impression que la servante a gagné la partie et que la princesse n'aura pas une fin aussi heureuse que celle de Cendrillon... 

De toute évidence, cela ne sert à rien que je me fabrique à l'avance toutes sortes de sombres scénarios.  Il vaut mieux que je retourne au lit tout de suite.

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