pétale d'iris

Ouf! Il me faut arracher quelques pauvres minutes à mon quotidien pour revenir à ce journal. Je sais, ce n'est pas une personne, ce n'est qu'un journal. Oui, mais le lecteur, lui, il est une personne. Des personnes même. Alors? Alors j'écris pour le journal, et des personnes lisent. Tant que la question du destinataire ne sera pas explorée à fond, scientifiquement, je resterai sur ma faim. Faux. Il ne faudrait surtout pas que les scientifiques s'en mêlent. Quoique...

Grosse journée de travail en chantier ce mercredi. J'y retourne tout de suite après.

Contente d'avoir pu sortir et marcher dehors. La fièvre me laisse et revient. Je ne sais pas ce qui m'arrive. Sinus? Virus?

La marche m'a permis de faire provision de sensations. Quand je sors de la maison, j'emprunte une rue, n'importe laquelle et je suis la pente. Si je tourne à gauche, ça monte et je me retrouve dans un grand parc rempli de neige et de vieux arbres aux essences variées et rares. Ce que j'ai fait. Pas un chat ce matin. La neige tombait. Un seul petit sentier traversait le parc. Je devais mettre mes pas dans les autres pas qui étaient passés là avant moi. À certains endroits, la neige était si épaisse qu'il m'aurait presque fallu des raquettes. 

Entendu des oiseaux, les camions affairés au déneigement, leurs cris stridents lorsqu'ils font marche arrière, le crissement des semelles dans la schloche (n.f.: étrange dilution de neige fondue sale et de calcium plus un peu de fin gravier qui passe l'hiver dans les rues des villes du Québec - ceci est ma définition du mot, mais est-il dans le dictionnaire?).  

Vu des bébés joufflus dans des poussettes aux roues coincées par la glace, une camionnette avec un logo finissant par Tech sous-titré : « Bâtisseur de réseaux ». Me suis demandé si j'étais moi aussi un peu bâtisseur de réseau avec mon journal. 

Du nouveau :  Inscrite officiellement, depuis quelques nuits, sur les listes de à la Chaîne littéraire et à la CEV. Quoi d'autre? J'ai collé les logos d'usage. 

Chuchoté avec lui jusqu'à l'aube. Pour la première fois, il a dormi un peu avec moi. Et à son réveil, il était tellement, tellement content d'imaginer la neige, qu'il voulait transformer chacun des flocons en baiser.