Soudain, l'horizon se dégage. Il fait toujours aussi gris dehors, mais dans le coeur, mon soleil s'est remis à briller. Et j'ai beaucoup de temps devant moi tout d'un coup. Au point que je ne sais plus qu'en faire. Moi, la spécialiste de l'art de perdre son temps, me voilà avec quelques heures creuses à remplir comme une outre desséchée.

Je suis allée remettre 145 pages à J. cet après-midi, à deux heures exactement. Une vraie délivrance. Il lira. Puis il me donnera des nouvelles dans deux semaines à peu près. D'ici là ? Vacances pour moi ! Enfin, pas tout à fait. Il faut juste que j'oublie ce que je viens de pondre pour mieux y revenir plus tard et le développer, le terminer pour vrai. Le boulot pour la bouffe est là aussi, on en parle pas... J'ai envoyé mon cv pour quelques piges, j'attends des nouvelles. Il me reste deux ou trois contrats à terminer. Loin de m'ennuyer. Tout ce que je perds c'est le stress de la création. Ça me manque déjà. Malgré tout, je me reposerai, je suis vidée vidée comme les poches du petit pingouin de la bande dessinée à la télé ?? j'ai oublié son nom. Il avait pris un bon repas au restaurant -- des grosses piles de crêpes -- il a mangé, mangé, puis quand est venu le temps de payer, il a retourné les deux poches de son pantalon et il a dit : vide! C'est moi. Le roman est sorti de moi. Mes poches sont vides.

Il est 16 heures 24. Je ne sais pas depuis combien de temps j'écris mais ça ne doit pas faire très longtemps que je suis à l'ordi, 10 minutes ? 13 ? J'ai oublié de me timer (on prononce pas timère mais taillemé, OK ? ça vient de time, en anglais, heure, en français). Pourquoi je me sens obligée de donner un cours là ? Tombée sur la tête. Euphorique. Adrénalisée.

Bon. Stop. 16h26. Je dois avoir dépassé mon 20 minutes. C'est trop. Je devrais arrêter à 15. Pour que ce que je raconte de toute façon ! Allez ! Je trouve quand même que j'ai eu une bonne idée hier de limiter dans le temps mes épanchements sur le net.

De toute façon c'est le fun je n'ai plus aucun lecteur. J'écris juste pour moi. C'est super trippant. J'ai un compteur, j'en ai même deux. Les deux sont à zéro. Niet. Rien depuis trois jours. Je suis trop nulle. Mais c'est super le fun, je vais pouvoir me lâcher lousse écrire n'importe quoi n'importe comment avec plein d'adjectifs. Je pourrais même écrire des textes à saveur érotique ou pornographique on ne me censurerait pas puisqu'on ne me lit pas. Fantastique. Je viens de découvrir la liberté d'expression : ne pas être lue ! La meilleure serait peut-être de ne pas écrire mais je vais y penser encore un peu.

Merde [oups]. Déjà 16h30. Je suis obligée de m'arrêter ici. Je suis en vacances après tout !