rupture jour 1

Rupture, jour 1. Je mentirais si je disais que ça ne fait pas mal. En dedans, il y a comme un gros nuage de peine qui ne veut pas partir, mais je n'ai pas pleuré du tout, pas avant tard hier soir. Comme si j'avais mis un mur à l'intérieur et que ce mur, sur lequel je m'appuyais, me gardait debout et capable de faire toutes mes activités comme si de rien n'était.

En fin de compte cette rupture me démolit beaucoup plus que je ne l'avais prévu. Avant de me coucher hier, en écrivant, les larmes ont commencé à couler et ça a coulé fort et longtemps. C'était chaud et brûlant sur mes joues, salé, et ça coulait jusque dans ma bouche. Je me suis dit que ça n'a pas de sens que G. ne le sait même pas qu'il aura de la peine parce que nous vivons comme ça depuis si longtemps c'est horrible, je me sens prise au piège. Je devrai lui parler tôt ou tard. Lui dire que je ne joue plus. Quand il m'aura rappelée ou écrit. Au moins si je pouvais l'avoir là devant moi pour lui dire tout ce que j'écris ici, je serais libérée. Je me suis mise moi même en prison cette fois. En plus je n'ai pas dormi de la nuit.

Une étoile pourtant dans ce ciel trop sombre : au matin, un e-mail d'un lecteur m'a redonné un semblant de bonne humeur. Je commence à ressentir tout le bienfait d'écrire mon journal online. Les liens qui se tissent avec les gens qui lisent, et que je lis en retour, sont très particuliers et uniques de par leur qualité. Se pourrait-il que les journaux intimes ne soient lus [sauf exception] que par des auteurs de journaux intimes, ou par de futurs auteurs ? En tout cas, je ne me suis pas souvent sentie aussi bien comprise que maintenant.

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