écrire la lumière chaude et dorée

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L'été indien est enfin là. Pour moi, c'est la saison magique, toute douce et nostalgique.

Je profite de chaque minute qui passe pour la vivre à plein, dehors, pour me saturer de cette bonne lumière dorée et chaude, pour relire les poètes.

J'écrirai demain.

Aujourd'hui, je relirai le poète Paul Chamberland, pour ma [nuit de la poésie] personnelle, premier billet :

Poème extrait de Genèses. Montréal, Les Éditions de l'Aurore, 1974.

AUTOMNE EN FORME D'ÉLÉGIE

Cette saison fut très douce : la feuille était l'oiseau, l'arbre au bord du rêve coulait à voix basse.

Si je chantais ma douleur près de l'aube les arbres, jaloux, évinçaient leurs feuilles les plus attentives qui tombaient face contre eau vive dans le temps.

J'ai tant cueilli d'astres mûrs que je n'ai pu démêler mes bras aux pampres aux vallons.

Déserteur. La fugue était si belle!

Morte la densité, j'ai renié mes racines pour périr fêtes brèves que le vent disperse au gré des rives neutres, au gré des pentes insensibles : pour de longs mois...

...la longue file au lieu des cendres cherche à retracer la mémoire des branches sur le tain fade et lacté du ciel; son âme fut prêtée au songe rauque d'un été, aux fleurs instantanées. Et nulle fleur-indice, fût-ce au doigt de l'attardé...

Mince fille d'ennui qui luit en son refus sur la rive héritage contesté des vents, l'oubli déteint sur son visage à ne plus discerner les traits, ni la mer, ni les âges ensoleillés.

L'oeil a péri dans le songe. Le ciel et l'eau s'ouvrent des perspectives sur l'absence.

Attendre quand même...

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