journal* et autres écritures

... pour le regard ailleurs, le temps, la mémoire, la lecture, le silence. Et des images

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Vol.9 : [sans titre]

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vendredi 31 octobre 2008

1. voilà

J'ai eu des fourmis à miel plein les doigts toute la semaine tant ils me démangeaient d'écrire une page de journal.

J'ai résisté autant que j'ai pu.

Et puis ce matin, ben voilà. Je flanche.

Peut-être avais-je juste un peu besoin de montrer un petit coin de mon travail, noter où j'en suis.

Alors, pour tout dire, c'est fait. J'ai installé Dotclear 2. Et depuis, j'apprends.

gif animé : fourmi à lunettesNe pas brûler les étapes : lire la documentation, essayer de comprendre. Mettre en pratique.

Jusqu'à maintenant, je n'ai pas rencontré de bogues catastrophiques et désespérants. Pas de douloureuses chutes ni de chemin de croix pavé de clous piquants. Pas été obligée de crier à l'aide barmaid.

Quand je ne comprends pas un truc, je laisse dormir jusqu'au lendemain.

À date, on dira que ça manque un peu d'images. C'est que j'en ai pas fabriqué ni trouvé [je me pardonne le gif quétaine de fourmi à lunettes gratuit]. Et puis, les mots d'abord. J'ai donc remis le dossier images, icônes et décorations à plus tard.

Je suis encore loin d'avoir fini de construire la feuille de style et le xhtml surtout pour le bas de la page. Soyons patients. Il y aura des liens vers tout ce qu'il faut. En fin de compte, je n'ai qu'à récupérer les deux colonnes de droite du volume 8 et les caser en bas de page. Ça paraît simple, dit comme ça. J'aimerais bien vous y voir. Des fois j'envie ceux qui bidouillent jamais. Par ailleurs, ils se privent de bien grands plaisirs plus que parfaitement charnels.

Par ailleurs, j'ai encore plein d'ajustements à faire un peu partout : garderai-je cette police et couleur de caractères, cette couleur rouge foncé pour le titre [rouge qui paraît trop clair quand je le regarde avec safari mais qui est tout à fait à mon goût sous firefox], vais-je me fatiguer de cette colonne au centre avec une marge de gauche un peu plus large que celle de droite, de ma signature en italique ?

Ce ne sont après tout que des questions techniques que je pourrai finaliser dans les prochains jours.

Au bout du compte, écrire des pages en bidouillant me permettra de mieux tester le travail.

À ceux qui me diront que ce design rappelle le journal de Script, je répondrai que c'est la faute à mon inconscient. Sans mentir.

C'est fou ce que ma muse me manque à matin...

dimanche 02 novembre 2008

2. petits et grands bonheurs

Je vais de surprises en surprises avec Dotclear 2.1. Du grand art. Je ne dis pas qu'il s'agit d'un apprentissage très facile [passer de MT à DC], mais en peu de temps j'ai réussi à faire l'installation de l'application sur mon serveur, et plusieurs modifications aux modèles et gabarits de base sans aucune aide sauf celle de la documentation écrite, publiée sur le site. J'ai fait mon deuil de Movable Type [que j'utilisais tout de même depuis 2002] sans m'en rendre compte et sans aucun regret.

J'ai enfin trouvé l'outil qui me permet de faire à peu près tout ce que je veux pour la présentation du journal. En français. Je crois rêver.

Le moins évident, ça été d'installer le multiblogs. Je tenais absolument à ce que le journal soit dans un autre répertoire que l'application et je voulais aussi conserver mon petit blog dans la marge [ma chère vieille marginalia]. Après avoir suivi à la lettre toutes les instructions, tous les liens menaient à la page index, la page d'accueil. Désolation. C'était vendredi soir, je suis allée me coucher à deux heures du matin sans avoir résolu le moindre bogue. Hier, j'ai tout jeté, y compris la base de données, et j'ai recommencé à neuf. Ça n'a pas pris plus d'une heure et tout roulait à la perfection.

Je dois mentionner que la documentation dotclear est extrêmement bien faite, bien présentée, claire et compréhensible. Rigolote et séduisante aussi, par moments.

Bidouiller, programmer et écrire ces langages codés que sont le html, xhtml, css et autres balises entre cinquante-douze sortes de guillemets et accolades en tout genres, ça demande de la rigueur. Ça m'intéresse, me fascine et ça me fait du bien.

Ça me sort d'une vie qui est pourtant douce avec le beau soleil orange de ce début d'automne où je me sens parfois un peu trop bombardée de discours électoraux, économiques et publicitaires.

Ça me repose des soucis du jour. Ça m'éloigne de mes lectures et écritures et c'est tant mieux. Ça me sort du roman en chantier. Ça me déromantise.

lundi 03 novembre 2008

3. les écrits gastronomiques

Parlant de ma déromantisation et de mon goût pour les langages codés de l'informatique, je tenterai un rapprochement avec mon intérêt légendaire pour les livres qui traitent de gastronomie et par extension pour les bons livres de recettes. Quand on aime bien manger, me direz-vous, ceci explique cela.

Trois des plus célèbres livres de cuisine ont été écrits au début du 19e siècle :

  • Alexandre Balthazar Laurent Grimod de La Reynière, Manuel des amphytrions
  • Jean Anthelme Brillat-Savarin, Physiologie du goût
  • Alexandre Dumas, Grand Dictionnaire de cuisine

Ils ont été lus et relus, cités, commentés, annotés, critiqués de long en large, édités et réédités en milliers d'exemplaires et on peut encore les trouver en librairie si on cherche un peu.

Au moment de sa publication chez Boréal, en 1994, j'ai tout de suite acheté les Pinardises, recettes et propos culinaires de Daniel Pinard, préfacé par Josée Blanchette. Depuis ce temps, ce précieux bouquin a toujours été pour moi, côté cuisine, une manière de livre de chevet.

Bien des écrivains sont jaloux des livres de cuisine. Rêvent d'être lus comme ces objets de plaisir que sont les écrits gastronomiques. Plaisir pour soi. Ou pour nourrir, gâter ou impressionner la famille, les amis, les invités. On allume les fourneaux, on prépare des bons mets. Miam.

Les livres de cuisine et autres manuels traitant des arts culinaires sont des livres pédagogiques. Ils impliquent la sensibilité du lecteur. Parce que liés à des activités, ce sont des livres actifs qui demandent plus que d'être lus. Ils demandent de faire/pratiquer et de les accompagner d'actions.

Je prendrai comme exemple la recette de « Crêpes miel-citron » de Daniel Pinard :

250 ml (1 t.) de miel doux
le jus d'un citron
le zeste de l'agrume prélevé à l'économe et détaillé en fines juliennes
2 ou 3 noix de beurre doux

Une sauce sublime qui se prépare en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire. Vos crêpes sont prêtes. Vous les avez roulées en ficelles. Vous les arrosez de ce mélange que vous aurez tout simplement mené à ébullition dans une petite casserole. Résultat : des crêpes qui ont tout pour vous plaire et qui vous ressemblent : douces surtout, parfois un peu amères.

N'est-ce-pas ?

L'achat du livre et sa lecture fait partie d'un projet qui doit aboutir à la fabrication d'un objet important pour notre vie quotidienne. Nous demandons à ces livres de contrôler nos actions. Ils sont donc écrits à la deuxième personne [ce cher vous] et usent abondamment d'impératifs. Pour cela, il offrent un intérêt certain au plan grammatical. Et pour qui s'intéresse à la théorie du récit, ce n'est que du bon miel.

La littérature est toujours prise à l'intérieur d'un projet qui arrivera à quelque chose de quotidien. Quand nous lisons un livre ou que nous écrivons, il y a une activité cachée. Derrière. Ce sont les aspects actifs de la littérature. L'écrivain veut nous faire réaliser des actions, collaborer à ce qu'il fait. Et avec le roman, le lecteur exécutera de façon imaginaire les activités décrites.

Les romans, vous choisissez les meilleurs, bien mûrs. Vous les lisez attentivement. Si vous n'avez pas lu la critique, tant mieux. Tranchez-les vous-mêmes en fines lamelles. Laissez mariner plusieurs jours dans un vin fou. Rouge. Épongez. Une fois que vous avez allumé le feu, vous saisissez sans tergiverser la queue de la casserole. Laissez parler à votre tour votre curiosité, votre goût et votre imagination. J'envie d'avance votre plaisir.

mardi 04 novembre 2008

4. being beauteous

Being beauteous

« Devant une neige un Être de Beauté de haute taille. Des sifflements de mort et des cercles de musique sourde font monter, s'élargir et trembler comme un spectre ce corps adoré ; des blessures écarlates et noires éclatent dans les chairs superbes. Les couleurs propres de la vie se foncent, dansent, et se dégagent autour de la Vision, sur le chantier. Et les frissons s'élèvent et grondent, et la saveur forcenée de ces effets se chargent avec les sifflements mortels et les rauques musiques que le monde, loin derrière nous, lance sur notre mère de beauté, - elle recule, elle se dresse. Oh ! nos os sont revêtus d'un nouveau corps amoureux. »

C'est toujours bon de lire Rimbaud.

dimanche 09 novembre 2008

5. to grippe or not to pique

J'essaie encore un nouvel habillage [Noviny], une nouvelle peau pour envelopper ce journal. Vieille histoire entre mon journal en ligne et moi. Entre moi et lui. Encore et toujours, s'améliorer.

Par contre, je n'ai rien de particulier à écrire aujourd'hui. Il y avait une brume épaisse depuis le matin et elle commence à partir. J'ai un gros mal de tête, une otite en plus et les restes tenaces d'une grippe qui ne passe pas. J'endure. Je laisse le temps m'arranger ça.

Je me sens plutôt sereine ces jours-ci. Envie de pas de danse. D'images. Sortirai-je, faire quelques bonnes photos.

Mais il reste que, avoir la grippe c'est plutôt un phénomène heureux par les temps qui courent. Comme une échappatoire. Ce qui me permettra d'éviter la fureur annuelle de la vaccination anti-influenza sans avoir à me justifier à plus finir.

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