16. comment faire son vin rouge dans la cuisine/2

Jour 3

Aujourd'hui, j'ai fait 2 remuages de moût depuis le matin. Le premier vers 10h30 et le deuxième à 14h30.

Je vous présente l'image du jour intitulée « Gros plan sur petits bouillons » :

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Ayant enrichi mes lectures de quelques expériences, guides, théories et méthodes pour faire le vin à la maison, j'ai opté pour continuer le brassage, que j'appellerai désormais remuage, quatre fois par jour. Demain et mercredi. Ensuite je passerai peut-être à deux fois. On verra.

Depuis le début, je constate que j'ai constamment à faire des choix. Le premier a été bien sûr de choisir entre faire le vin ou pas. Trois jours plus tard, je suis contente d'avoir plongé dans l'action. C'est un projet très inspirant pour l'automne qui arrive. Et finalement ça ne demande rien d'autre que de la patience. Me documenter, relaxer, laisser barboter les fruits dans leur jus. Le plus dur des tâches est derrière moi. Pour le reste, faire mon possible pour ne rien compliquer. Garder ça simple. D'après un texte que j'ai lu, c'est gage de réussite. Naturellement, il s'agit d'accepter que ça peut ne pas marcher. On fera mieux la prochaine fois.

Deuxième choix : enlever les rafles ou les garder. Les deux sont possibles, mais conserver les rafles renforcerait le caractère du vin et pourrait donner un goût d'herbages [ai-je lu je ne sais plus où]. Opté pour l'éraflage. Je n'ai pas l'ambition de produire un grand vin à soumettre à dégustation dans un concours. Juste un petit vin maison à boire l'été prochain. Et à partager s'il est bon.

Troisième choix : laver les raisins ou pas. Je ne regrette pas d'avoir gardé la pelure recouverte de sa petite poudre blanche. Bien évidemment, si les vignes avaient été vaporisées avec des insecticides, il aurait mieux valu laver les fruits à grande eau, et dans plusieurs. Mais comme il n'y a aucun produit de ce genre ici, feu vert à la levure naturelle. D'ailleurs, on peut le voir sur la photo, les petites bulles se forment autour des peaux. N'est-ce pas fabuleux ?

Ensuite j'ai dû choisir entre presser les raisins et ne mettre à macérer que le jus, ou bien, ce que j'ai fait, laisser les solides macérer avec le jus. Je croyais que c'était surtout pour conserver les levures, mais il paraît que ça permet de récupérer les pigments qui seront dissous par la fermentation [chaleur et alcool]. Ça donnera donc un vin de belle couleur. Je le vois déjà rougir peu à peu. C'est aussi pour cette raison que j'ai choisi de poursuivre le remuage à 4 fois par jour.

Et ça commence à bouillonner en surface, de toutes petites bulles. Je peux les voir se former, éclater, se multiplier. Et lorsque je mets mon visage au-dessus de la jarre, après avoir enlevé le couvercle de coton, je sens une douce chaleur. Et l'odeur, mioum.

Mais je suis loin d'en avoir fini avec les choix, je reviendrai sur le sujet demain, avec la suite.

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Gentils remuages faits à 18h45 et à 22h50, mon capitaine. Le jour 3 se termine en beauté.