22. tendrement

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Ainsi, j'en suis encore au lendemain du 10 janvier. Quelques mots et puis retour au quotidien.

Gribouillé une courte liste de mes non-peurs. Pas dessiné.

  • je n'ai pas peur de l'adversité
  • je n'ai pas peur de marcher dans les rues toute seule
  • je n'ai pas peur d'écrire
  • je n'ai pas peur de la nudité
  • je n'ai pas peur des chiens
  • je n'ai pas peur des caricatures
  • je n'ai pas peur de rire
  • je n'ai pas peur de pleurer
  • je n'ai pas peur de rêver à un monde meilleur
  • je n'ai pas peur d'être une athée [lire mécréante]
  • je n'ai pas peur de toi, de moi, des autres
  • je n'ai même pas peur de ceux qui ont peur de moi, etc.

Il neige pratiquement chaque nuit et plusieurs fois par jour. À 20 sous zéro, le froid pique les joues. Larmes de givre. La nuit dernière, rêvé à D. pour la première fois depuis bien des hivers. J'étais avec lui dans une maison. Il y avait des fleurs coupées dans des vases. Il me les avait offertes, et de la tendresse [bordel]. Nous voulions être ensemble. Mais pas juste moi et pas comme avant. Très prudemment nous avancions l'un vers l'autre. Le désir était là. Mêlé à cette crainte que la passion fusionnelle ne conduise à de l'après où il nous serait impossible de défusionner, à de l'après qui nous ferait souffrir. Qu'adviendrait-il de nous si nous retombions bêtement ? Je revois mes deux mains blanches, je lui masse les jambes. Il apprécie. Je masse en douceur et c'est si bon de sentir sa chair sous la peau et en montant, j'arrive aux rotules et soudain il se contracte, tout son corps se recourbe au niveau des hanches. Plié en deux devant moi comme une feuille de papier sur sa chaise. Il a mal. Je place mes deux mains autour de mon cou, j'étouffe. Je lui demande de m'excuser, je crois lui avoir fait mal et il ferme les yeux. En silence. Je reste là sans bouger. Je me sens triste, devant lui. Puis vient le moment de se coucher, je ne dis rien, j'attends une invitation à partager son lit [et c'est le mien]. Il ne dit rien, ça dure longtemps. Puis il se lève et dit « j'ai faim ». Il s'en va dans la cuisine, manger. Je ne le suis pas. Je me retire dans une autre chambre pour y passer la nuit toute seule. Une chambre de fille avec des lits jumeaux et des douillettes roses. Je me couche [dans mon rêve] et je pense que j'aurais au moins pu lui dire « j'aimerais seulement m'allonger à côté de toi pour dormir, veux-tu ? »

Le rêve, je le garde. Quant à l'analyse que j'en ai faite le lendemain matin dans mon journal papier. À quoi bon ?

Et aujourd'hui, des nouvelles de vous, de lui ? « Nous » allons bien, chacun dans son lit, chacun dans sa maison. Loins et proches en même temps. Les épreuves font se ratatiner le temps.

Depuis quelques jours, j'ai entrepris une refonte en profondeur de la présentation du journal. Dotclear [mon cms] évolue,alors j'ai besoin de changer le thème [habillage ou gabarit]. Les thèmes fournis par défaut ne me plaisent pas. Opté pour en fabriquer un, en html 5. Alors j'étudie, j'expérimente sur mon blog test. C'est pas défendu d'aller voir.