in courge we trust

Joli dimanche qui a fait disparaître la dernière bordée de neige. J'ai hâte d'aller me coucher. Mais ce fut une bonne journée, sous le signe de la courge et autres trivialités d'usage.

Le titre de ce billet pourra sembler complètement débile. Pourquoi pas ? Du moment que ça se trouve à être pour moi l'amorce de quelque chose, c'est tout ce qui m'importe.

Réminiscences. Quand j'étais petite, ma mère faisait du savon. Ça mijotait plusieurs heures. Dehors, dans une grosse marmite en fonte épaisse et très noire suspendue au-dessus d'un feu de bois. Il fallait attiser les braises et nourrir le feu, et brasser la bouillonnante [et puante] mixture. Qu'ils versaient ensuite sur une plaque. Je ne me souviens pas de ce qui arrivait après. Jamais vu, jamais cherché à le savoir non plus. Mais ces souvenirs sont tout ce qu'il me reste de l'histoire de la fabrication du savon maison. Que ma mère appelait « savon du pays ». Elle s'en servait pour faire la lessive, elle le râpait dans de l'eau chaude qu'elle ajoutait dans la machine à laver, ou encore elle le passait sur le linge très sale et taché avant de frotter le vêtement sur la planche à laver. Ce qu'elle mettait dans la marmite (ça sentait joliment fort), c'était de la graisse ou de la panne (de porc ou de je ne sais quel animal), de l'eau et des cristaux fabriqués avec les cendres du poêle à bois.

L'été prochain, j'aurais bien envie d'essayer d'en faire moi aussi. Sauf que je n'ai aucune idée des proportions. J'ai récolté et réservé la cendre tout l'hiver. Je trouverai bien une recette quelque part. Sinon je ferai des expériences.

Quoi qu'il en soit, j'ai encore traîné au lit ce matin. Cela ne me ressemble pas. Ce qui fait que j'ai commencé la journée tard. Après mon traditionnel bol de café au lait et quelques toasts au pain de blé germé tartinées avec du beurre doux, j'ai farfouillé dans mes livres à la recherche de renseignements sur la culture des courges et autres cucurbitacées, histoire de rafraîchir mes connaissances, avancer mon cahier des charges et revoir le calendrier du jardin.

Ensuite j'ai inventorié ma grande boîte de semences en métal [celle que les « maudits voleurs » avaient ouverte et répandue sur la table l'été passé]. Bonne nouvelle. Il me reste tout plein de semences de courges, plusieurs variétés. Je n'aurai donc pas besoin d'en acheter. Ferai les semis vers la fin avril. Ou dans ces eaux-là. Noté le principal.

Descendue à la pharmacie du village. Je ne sais trop par quel miracle j'y ai trouvé mon éponge loofa préférée, que j'utilise depuis des années pour nettoyer la peau [pas le même loofa, je le change quand il devient trop racorni ou si je l'oublie tout mouillé dans un coin et qu'il se met à sentir mauvais]. Après avoir jeté la dernière éponge, j'oubliais toujours d'en racheter une quand j'allais à Montréal. Le loofa en question est végétal, c'est le dedans d'une courge séchée au soleil [Luffa aegyptiaca, ou Luffa cylindrica], une sorte de longe courge pointue, la courge éponge, grimpante et dont les graines sont comestibles.

J'aimerais bien en cultiver ici. Y penser. Ça me ferait une autre recherche à mettre en chantier.

La faim m'est revenue un peu avant l'heure du souper. J'ai coupé mes deux dernières courges pour en faire un potage. Avec un poireau, de l'ail, trois échalotes grises et du gingembre. Servi avec des herbes salées et un petit nuage de crème.

Avec tout ça, j'ai appris la victoire de Justin Trudeau, devenu grand chef du Parti libéral. Discours et ovations, photos avec les enfants. L'histoire se répète. Je me sens encore un peu malade. Passé ma journée dans les courges. Un deuxième Trudeau est « élu ». La Commission Charbonneau va recommencer demain matin, pi ça me fait rien.

Quasiment rien. D'où la paraphrase titre de circonstance, peut-être. Servie avec le smiley que vous voulez.