j'ai trouvé une banche avec des p'tits minous

Marcher dehors tous les jours malgré le vent froid qui mord les joues, c'est bon, mangez-en.

C'est surtout bon pour me remettre en forme après avoir été immobilisée durant presque trois semaines par un pénible mal de dos. Juste après que j'aie écrit une page pour annoncer que ça allait mieux. Étrange coïncidence ?

Hier après-midi j'ai enfilé un vieil anorak rouge et des bottes de caoutchouc, pris mon Canon.

Sortir fouiner dans les champs, derrière la maison. Respirer. Laisser sortir les dernières douleurs.

Les flaques d'eau étaient recouvertes d'une mince couche de glace fine comme du verre, ça craquait sous les pas. Croush, croush. Des sons qui font du bien à travers les pépiements d'oiseaux.

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Lundi, j'avais repéré un nid. Bien calé entre les petits troncs en bosquet de ce qui doit être un jeune érable. À moins de quatre pieds du sol.

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C'est pour ce nid que je suis retournée de ce côté-là du jardin. Pour l'examiner de près. Voir s'il y a de la vie dedans. Non : nid vide. Peut-être parce que trop bas, trop facilement repérable par les chats et autres prédateurs qui survivent parce qu'ils se nourrissent du corps des autres. Vous avez-déjà vu un chat tuer une souris ou un oiseau ? Terrible de cruauté. Ils ne se contentent pas de griffer, mordre, égorger et lacérer, ils jouent et jouissent en regardant l'autre agoniser. Parfois je me dis, devant la cruauté humaine, que l'homme n'a rien inventé. Il se contente de copier.

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Juste à côté, j'ai vu une branche avec des p'tits minous [moé j'm'ennuie /pas/ de chez nous, hou].

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Je lève la tête et j'en vois tout plein.

La maison jaune au toit rouge, celle qui a l'air de se cacher derrière les branches, c'est mon « chez nous » du moment.

Tiens, le ciel était très bleu.

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J'ai fait plein d'autres images : un long bateau plat et noir qui descendait le fleuve sans cargaison, la maison blanche aux volets noirs du voisin de gauche, et celle d'en face, un minuscule chalet gris souris [qui appartient à un curé et sa soeur, ils ne viennent que l'été - pardonnez le commérage], le coin de la remise à bois et le vieux cèdre estropié par la tempête de vents l'automne passé, le composteur que je n'ai pas pu ouvrir de l'hiver parce que le couvercle était pris dans la glace.

Et cette belle branche de pin. Cassée par la neige pesante.

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C'est le printemps. En retard peut-être, mais je l'aime. Sans les fleurs... tel qu'il est.