pendant que vous m'avez

J'ai eu envie, pour saluer le dernier jour de l'année, de partager un fort beau brin de poésie aux amies, amis et autres quelques uns et quelques unes passant une minute ou deux sur cette page intentionnellement, par attachement, par hasard ou autrement...

cherchant mon Forêt vierge folle, de Roland Giguère, j'ai perdu un gros deux heures

mais c'est pas grave. J'ai fini par le trouver juste à côté de Nelligan. Faudra pourtant que je me décide à ranger mes livres et leurs auteurs en ordre alphabétique ;

d'ici là, le titre du poème choisi est « À la folie », et c'est écrit comme suit :

J'irai où vous voudrez
si vos sentiers ont le parfum du thym
je vous promets tout
même si je n'ai rien

j'irai boire la ciguë
au creux de votre main
j'irai jusqu'au bout
de vos marées lointaines

j'irai croyez-moi
dans vos pays les plus froids
je vous construirai des maisons de chaume
de bois de rose ou d'érable piqué
un iglou même
si vous le désirez

demandez-moi tout
pendant que vous m'avez.

Roland Giguère [1929 - 2003] : Forêt vierge folle, L'hexagone « Typo poésie », Montréal, 1988.