165. mes fleurs sauvages

Je rentre de mes courtes vacances avec de pures merveilles plein mon sac.

Je me suis baignée, j'ai dormi et mangé sans horaires et à la demande [j'en ai récolté quelques kilos en trop qui fondront bien vite dans les rues de la ville], je me suis gorgée de confitures, de soleils et de grands vents. 

J'ai rien fait, médité et dessiné des arbres en feuilles et un dharma [roue de la loi bouddhiste] très compliqué et dont je suis assez contente. 

J'ai aussi parcouru des sentiers forestiers sur les bords d'un petit lac des Laurentides pour rêver en marchant et pour observer et photographier la vertigineuse intelligence des plantes et des sous-bois dans leur vie secrète.

J'ai vu plein d'oiseaux. J'ai préféré les laisser tranquilles et ne pas les photographier, juste les regarder fureter et grignoter je ne sais quoi dans les feuilles.

J'ai cherché à voir des lucioles, mais elles n'étaient pas là. Ou parties ailleurs parce que la lune éclairait trop. Je n'avais pas pensé à ça : peut-être que les lucioles étaient là et que je ne les ai pas vues parce que leur petite lanterne était éteinte ? Pourquoi nous allumer quand il fait clair doivent-elles se dire. Autant en profiter pour s'envoler invisibles. Trêve de fabulations.

Mes photos sont bonnes, mais ce ne sont pas des chefs d'oeuvre non plus. Pas grave, je les aime comme elles sont. Je ferai mieux la prochaine fois.

Quant aux ouaouarons, j'aurais bien voulu enregistrer leurs chants chorales avec les grenouilles vertes, mais ils étaient tout à fait silencieux. La période des sérénades amoureuses doit être terminée.

Pour mes prochains billets, j'ai choisi quelques fleurs étonnantes, toutes découvertes au bord du lac, et dont j'ignorais totalement le nom.

Je les ai donc bien regardées et j'ai fait des recherches ici et là. J'en ai qui ne sont pas faciles à identifier. 

La première de ma collection, celle que j'ai choisie de vous présenter aujourd'hui porte le joli nom de galane glabre. Son nom latin : Chelone glabra. Nom commun : tête de tortue.

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Galane glabre, 15 août 2011

J'ai glané ces infos sur la fiche descriptive de la galane glabre, [site du Biodôme de Montréal : suivre le lien pour en savoir plus long]. En voici quelques extraits :

Traits distinctifs : La tige de cette plante de 30 à 100 cm de hauteur se termine par des fleurs blanches qui ressemblent à une tête de tortue. Ses feuilles sont opposées et ont la forme d’une lance. Elles possèdent des dents espacées régulièrement et n’ont pas de queue, ou sinon une queue très courte. Les fleurs sont réunies en groupe de 15 à 20 et forment un épi dense d'environ 6 cm de long. Les fleurs ont une teinte rose au sommet de l’épi. Les fruits brun-rouge ont la forme de petits oeufs de 1,5 cm de long.

Usage : Les Amérindiens employaient cette plante comme laxatif, comme contraceptif et comme médicament contre les maladies éruptives. Anciennement, on utilisait la galane glabre comme tonique, comme vermifuge et pour soigner le foie. On en faisait aussi un onguent contre les hémorroïdes.

Intéressant. Et voici la même fleur, approchée sous un autre angle, le même jour :

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Galane glabre, 15 août 2011

Éclatements, dérives et amalgames :

Dans la vie, le but fondamental est de vivre, et de vivre agréablement ; pour arriver à cela, chacun de nous essaie de venir à bout des forces destructrices qui sont en lui et de s'en débarrasser en les laissant éclater, en les dérivant et en les amalgamant afin de pourvoir obtenir dans la vie la plus grande sécurité possible — et le plaisir par surcroît. [Joan Riviere : « La haine, le désir de possession et l'agressivité».]