110. ophiuchus

J'ai commencé à écrire une page de journal mercredi passé - non, c'était mercredi il y a deux semaines... et je ne l'ai pas encore terminée. J'y ai travaillé un peu hier soir mais elle n'est pas encore prête à publier. Je n'ai pas réussi à en faire ce que je voulais qu'elle soit.

La vraie page 110 n'étant pas montrable, je me suis dit ce matin qu'il me faudrait lâcher prise. Lâcher prise sur la page ophiuchus, la mettre de côté et écrire autre chose.

Mais lâcher prise, on fait ça comment ? Je pourrais arrêter de penser que ça vaut la peine que je m'attarde à l'ophiuchus plus longtemps, et le jeter à la poubelle avec tout ce qui s'ensuit. Flosch.

Mais je pourrais tout aussi bien l'examiner de loin et mine de rien découvrir ce qui se cache derrière mon obstination à finir cette page ; ça me permettrait peut-être de la mettre sur le tas d'à côté au cas où l'envie me viendrait [oups] d'y revenir un jour [ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain, genre].

Le fait est que j'ai plus envie pantoute d'écrire l'ophiuchus. Et parti comme c'est là, j'écrirai rien d'important aujourd'hui non plus. Alors autant insérer l'ébauche de cette page ici. À la suite d'aujourd'hui. Avec la fin pas finie et tout.

Si je ne fais pas d'efforts pour courir vers l'ophiuchus, ni pour le fuir, je sens bien que je suis avec ce qui est. Quand j'écris d'habitude, « j'écris ». C'est tout. Je ne pense pas à écrire, je le fais sans me préoccuper ni de celle qui écrit, ni de ce qui est écrit. Seulement « écris ». Le « je » disparaît. Il n'y a que l'action d'écrire au moment où je le fais. Et c'est ça qui est bon, et c'est ça qui me manque quand je constate mon manque d'envie de rouvrir cette vieille page pour essayer de la finir. 

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Voici le bobo : [pardonnez encore la brutalité et l'inachevé d'une chute bâclée]

© Photosani [Fotolia.com] : Astrologer at work

J'étais tranquille. En paix. Ou presque. Et ce jour-là, comme ça peut arriver à tout le monde en janvier, pour ainsi dire, j'interrogeais mon avenir, le regard en coin.

C'était mercredi matin. Je feuilletais un journal en papier que V. avait laissé sur la table. Je survolais distraitement des nouvelles pas comiques - déjà lues en long et en large sur le web, quand que je suis tombée sur « L'astrologie du jour », à la dernière page d'un cahier de La Presse.

Pour moi, la Sagittaire, c'était écrit :

« Allié à votre signe, le duo Lune-Saturne en Balance vous confère un maximum de sérieux et d'efficacité. Toutes le conditions sont réunies pour vous aider à persévérer. Certes, le bien-être le plus épanouissant sera dérivé de votre niveau de détermination et de votre discipline de vie. Il peut également être question de nouvelles responsabilités et d'une plus grande reconnaissance publique. »

C'est complètement bête et niaiseux, mais ça m'a fait du bien comme quand on vous donne des petites tapes dans le dos en même temps qu'un tendre câlin.

the wheel of zodiac

Je ne sais pas. Mais dans cette vie, il paraît que les bonnes nouvelles ne se promènent jamais toutes seules dans le même bateau sur les eaux des longs fleuves tranquilles. C'est donc ainsi que j'ai appris, le même jour, dans un article de cyberpresse, qu'il se pourrait très bien que je ne sois même pas Sagittaire. Et qu'à peu près tout le monde devrait remonter d'un banc dans la grand'roue du zodiaque. 

Tout ça parce qu'il n'y aurait tout bêtement pas douze mais treize constellations ou signes, le treizième étant le serpentaire ou « ophiuchus ». Le plus fou c'est que j'ai jamais cru à l'astrologie. Ça m'amuse, sans plus, de frôler les différentes superstitions [comme les croyances], en me demandant comment ça se fait que je crois en rien. Pourquoi ? Pourquoi moi ? Ça fait que des fois je fais semblant de croire à quelque chose, juste pour voir ce que ça fait. Des fois c'est pour « travailler » un personnage. Mais bon. L'histoire c'est que la « nouvelle » a déjà fait jaser pas mal de monde.

J'ai farfouillé ici et là et finalement K., à qui j'ai fait part de l'intrigante question c'est quoi mon signe à moi, m'a envoyé ce mot : « We are still our signs... depending on which system you are looking at. Interesting...! », avec un lien vers l'article de Georgia Nicols, la plus grande astrologue au Canada from coast to coast [elle écrit dans le National Post, arf]. Elle écrit, en gros, paniquez pas. Vous avez toujours le même signe. Ça dépend des écoles. Les autres pensent que c'est basé sur les astres, mais c'est plutôt une question de mathématiques, des cycles, et c'est basé sur l'interprétation qu'on en fait. Bref, elle a pas l'air de croire plus que moi que tout ce qui nous arrive est écrit dans les planètes. Mais conclut en suggérant presque de se taire quand on n'y connait rien. Bref, ce que je soupçonne, c'est que le treizième signe aurait été écarté parce que le chiffre 13 est malchanceux. Il y aurait donc bel et bien, dans le ciel, une treizième constellation appelée ophiuchus ou serpentaire. Si c'est écrit dans wikipedia... [tapez ophiuchus dans google, ils vous expliqueront tout ça mieux que moi].

Seraient regroupées sous le signe du Serpentaire les personnes nées entre le 29 novembre et le 18 décembre. C'est comme ça que ce lundi là j'ai basculé directement dans le grand serpent. Serpentaire, moi ? Me dis-je. Et pourquoi pas dragonaire, tant qu'à y être. J'aime mieux les dragons que les serpents. Mais faut pas mêler les cartes. L'année du lapin vient de commencer, et mon signe chinois est cochon. Faut aimer les animaux.

© tairygreene [Fotolia.com] : Asian Dragon Tattoo

« Aucune situation ne saurait se prolonger au-delà de la longueur d’une queue de lapin » [ancien proverbe chinois]