102. profession : sorcière

Fairy land : tableau d'Edward Reginald Frampton

Pas eu le temps d'écrire un billet le 3 janvier, mais je mourais d'envie de le faire dès que j'ai eu vent de cette petite nouvelle pour le moins insolite !

La chose a officiellement été diffusée avant-hier à la radio et publiée par Espace musique, 98,5 FM sous le titre : « Les sorcières roumaines sont désormais reconnues ». Cela se lit comme suit :

Bucarest, Roumanie. - Les sorcières vont devoir payer des impôts en Roumanie, qui vient de modifier son droit du travail pour reconnaître officiellement la sorcellerie comme une profession. 

Comment se fait-il que ce matin, en prenant mon premier café, je n'osais pas y croire tout à fait ? Mystère et boule de cristal.

Mais ça m'a tout l'air que l'information ne serait pas un canular puisque je l'ai retrouvée dans plusieurs fils de presse, dont l'un titrait : « En Roumanie, les sorcières sont des contribuables comme les autres » :

Sale temps pour les sorcières au pays de Dracula. L'État roumain, qui cherche par tous les moyens à faire des économies, a décidé d'en faire de vulgaires contribuables. Du coup, elles ne pourront plus échapper à l'impôt. Sorcière, un métier comme un autre finalement...

Sauf que les sorcières ne sont pas femmes à se laisser faire. Elles mijotent déjà des potions magiques pour semer la zizanie parmi les fonctionnaires du gouvernement. Il nous en faudrait quelques unes par ici, dites-vous ? Héhé.

Le monde change. Les temps changent. Imaginez qu'un jour vous pourriez vous retrouver quelque part en face d'une vraie sorcière, membre de l'OPQ [Office des professions du Québec], qui vous raconterait candidement : « ce que je fais dans la vie ? oh moi, je suis sorcière, bla bla bla, je suis sorcière, bla bla, j'exerce depuis x années, bla bla, je suis sorcière, c'est comme je disais hier à une de mes clientes... bla bla bla, je suis sorcière, bla bla bla, je suis sorcière, passez donc me voir à mon cabinet un de ces jours » [sur le ton de celle qui répète à toutes les trois phrases « je suis médecin » pour appuyer ses dires, argh]. Soyons sérieux.

Je crois que les fées existent, donc je crois que les sorcières existent. Et que les sorcières sont des femmes très bien. L'humanité aurait beaucoup à gagner à les connaître davantage et à les respecter. Dommage de les brûler une fois de plus en les enfermant cette fois dans la prison du fisc, ou celle du fric.

« Une sorcière est une fée que l'on a offensée », écrivit un jour - et fort à propos - Katharine Mary Briggs dans Abbey Lubbers, Banshees, and Boggarts: An Illustrated Encyclopedia of Fairies [publié chez Random House en septembre 1979]. Source : Wikipedia. Offensée. Le mot est tout sauf abusif.