100. good riddance : bon débarras

L'année 2010 s'achève. Vous avez vécu des mauvaises expériences, des coups durs, des échecs ? Vous avez perdu un emploi, l'amour de votre vie est mort ou parti dans les bras d'un autre, vous avez perdu un enfant, une maison, votre fortune, le chat et le chien se sont faits écraser par un camion citerne, votre belle-mère a lu votre journal intime, bref, vous avez vécu ou vu des horreurs qui vous ont fait suer et qui risquent de se transformer en mauvais souvenirs qui vous gâcheraient la vie... si ce n'est déjà fait ?

Pas de problème ! Rendez-vous à New York, à Times Square, repérez les grosses poubelles ou les déchiqueteuses géantes, prenez un papier et écrivez dessus le ou les mauvais souvenirs présents ou futurs en question. Prenez bien soin de jeter le papier dans la déchiqueteuse. Et l'ardoise va s'effacer. Vous aurez détruit le et les mauvais souvenirs latents ou encombrants et vous allez pouvoir commencer l'année 2011 avec une mémoire toute neuve. C'est le Good Riddance Day, quatrième édition*. Et c'était hier.

Good Riddance, tel que noté dans le titre, peut se traduire en français par « bon débarras ». Et si vous n'avez pas pu, comme moi, vous rendre à New York ces jours-ci, qu'à cela ne tienne, ils ont aussi inventé le Good Riddance Day Online, sur le site zoomerang.com, où l'on vous invite à compléter un formulaire pour « Share your bad memories, crazy ex-bosses, loathed music, over-exposed celebrities, corrupt politicians, fashion disasters and ill-fated romances - anything from 2010 to which you'd like to say "Good Riddance"! »

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Ils aiment bien imaginer des solutions magiques à tout, ces états-uniens. Le Good Riddance Day c'est juste un jeu, une séance de bon débarras collective. Certains y croient, d'autres pas. Moi ? Pas du tout. Pourquoi j'en fais un billet ? Parce que j'aime bien les rituels. Mais celui-là n'est pas complet. Ils n'ont rien prévu pour ce qui ne peut pas s'effacer de la mémoire comme par magie. Ils n'ont rien prévu non plus pour les bons moments, les bons souvenirs. 

Je préfère m'organiser autrement avec les mauvais souvenirs réels ou potentiels. Imaginons des bacs pour la récupération et le recyclage, le tri, la transformation, la réutilisation. Pourquoi jeter ce qui pourrait servir si je le regarde avec d'autres yeux, si je peux créer « avec » ? Je ne sais pas. Je pose la question : est-il possible de transformer quelque chose de triste en petit [ou grand] bonheur ? Si oui, quel dommage si on l'a jeté à la poubelle, ou mieux « pulvérisé », comme ils disent.

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