95. jeu d'anniversaire

Un mois déjà s'était écoulé, et j'avais toujours du mal à croire que Sandor Needleman était mort.

Le cimetière était entouré d'immenses immeubles en béton, comme ces terrains de football qu'on voit aux actualités.

Il était marié avec une dieppoise manufacture de laines dans ce temps-là, et c'est comme ça qu'il s'était mis à aguir les moutons.

Comme expérience pertinente de son métier de fermier, le jeune homme n'avait que celle qu'il avait prise au clapier et au poulailler de son père.

Les femmes ont fait des sandwiches et on est partis pour Arnprior.

Une pile d'assiettes de vraie porcelaine de Chine, deux carafes de vin blanc, deux tartes, un plat d'oeufs à la neige, des gaufres, une jatte de confitures, sur une petite table couverte d'une nappe blanche, près du buffet, composaient le dessert de ce souper d'un ancien seigneur canadien.

En tout cas il entra en roulant bord sur bord après s'être heureusement libéré de ses libations, apportant avec lui une atmosphère de cabaret dans cette société choisie, et beuglant à tue-tête, en vrai lascar :

                      Les biscuits ils étaient durs comme pierre
                      Et l'boeuf salé comme la femme ed Loth avait l'darrière
                                  O Johnny Lever !
                                  Johnny Lever, O !

Quelque chose commençait.

Georges tendait à M. de Coantré le numéro du jour du Daily Mail (il prononçait Mail comme on le prononce, par exemple, dans l'Orme du Mail), et en même temps lui prenait de force sa valise.

Que, le lendemain, la machine devait tourner, c'était pour lui parole d'évangile.

Celebration. Glasses of champagne and wine in hands.

C'est avec l'âme à la tendresse, et en inventant un jeu à la oulipo avec quelques mots des autres [ce qui pourrait être un début de nouvelle quasiment tout à fait volé_héhé, dans l'encadré ci-haut] que je fêtais, le 22 septembre, les dix ans de mon cher journal online/presque blog.

Les tenants, dessous, suites et aboutissants de l'affaire dans le prochain billet.

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Côté réédition, j'ai fini par piocher toutes les pages, et à re-publier l'intégralité du journal [sauf la fin/début en décembre 2000 et quelques pages biscornues dont je ne sais que faire]. Passé par dessus plein de liens devenus obsolètes parce que conduisant vers des sites morts ou déplacés, que faire ? J'en ai laissé, j'en ai jeté aussi, j'aime pas les liens morts. Mea culpa. Parce que je sais que j'en ai créé un char pi une barge en transportant mon propre journal ailleurs. Oui, que faire, sinon méditer encore ?