86. déposer le barda

Écrire une nouvelle page. Continuer le journal avec l'envie de déposer le fardeau. « Fardeau » ? Quel drôle de mot. Pas très beau. Un sens et une, sinon des origines qui doivent peser lourd. Et dont j'ignore à peu près tout, comme c'est souvent le cas pour la plupart des mots que nous utilisons quotidiennement. Autant faire un saut dans le dictionnaire, tout le temps ouvert à droite du clavier [quand je travaille sagement à mon bureau]. À fardeau, je lis :

n.m. – XIIIe « ballot », de farde ■ 1 Chose pesante qu'il faut lever, soulever, élever ou transporter. ➤ charge, chargement, VX faix, poids ; FAM. barda. Un lourd, un pesant fardeau. Porter un fardeau sur ses épaules, sur sa tête. Déposer son fardeau. Outils, appareils de levage* pour soulever, élever des fardeaux. ■ 2 FIG. Chose pénible qu'il faut supporter. « Comment ! pas un de vos amis, pas une de vos maîtresses qui vous soulage de ce fardeau terrible, la solitude ! » Musset. – Le fardeau des impôts, des dettes. ➤ charge. Le fardeau de ses responsabilités. ➤ poids. « C'est un fardeau d'élever trois enfants. » Sand.

Source : Petit Robert 2007.

Intéressant. Quoique je trouve que barda soit terriblement plus élégant que fardeau, je... bof. Tout ça pour dire que ce que [c'est quoi tous ces quequequequ, venez-en donc aux faits, chère lady A.], enfin, bref, ce que je choisis de déposer aujourd'hui c'est le fardeau, dans tous les sens du mot [poids, charge, barda, chose pénible à supporter, name it], ce fardeau, c'est la réédition du journal. Juste pour aujourd'hui. Et peut-être demain.

Je copie, je colle, je corrige [pas trop, juste les quelques scories et bizarreries qui sautent aux yeux], je place les images dans un même dossier [commence à être gros], j'enlève des liens morts [pas tous]. Je relis et revis des belles journées et des moins bonnes, des illuminations, quelques délires, pas mal de rhumes, de grippes et de passages à vide. Au bout du compte, pas plus ni moins que dans le journal de tout le monde. Sauf que c'est mon journal, que c'est un excellent journal, le meilleur du web [dixit un grand ami à moi] et que je l'aime et donc je le garde. Et c'est pour ça que je le veux beau beau beau.

Fatiguée je suis, mais contente. Très. Parce que, tenez-vous bien, la semaine dernière, j'ai décidé que je ne passerais pas mon année la dessus et j'ai, comme qui dirait, procédé à un changement de vitesse vers l'accélération du processus [mosus] - j'ai donc mis les bouchées doubles [quelle expression étrange] pour remonter le temps et repiquer/re-publier toutes les pages du volume 8 [ça, c'est l'année 2008 au complet] et le volume 7 [une partie de 2006 et tout 2007]. Je sais, ce n'étaient pas mes plus grosses années, mais ça fait monter la patente à un grand total de 701 billets, avec aujourd'hui. 

Par contre, l'opération met entre parenthèses la plupart de mes autres activités [littéraires]. Je prends tout de même le temps de manger, de boire et de prendre soin de mes amours. 

C'est étrange. Il y a un instant, j'ai hésité entre l'emploi de « journal de tartempion » et celui de « journal de tout le monde ». Je m'en suis retournée au dictionnaire pour tomber sur le mot teasing. Les petits mots à la mode, c'est agaçant. Le teasing encore plus. Mais là n'est pas la question. Bientôt 3 heures p.m. Soit j'interromps la parenthèse et entreprends la réédition du volume 6, soit je procrastine encore un peu la problématique du processus prosaïque [comme qu'on dirait dans une si belle langue de bois]. Sauf que j'ai faim. Et je ferais bien une petite sieste, barda en moins.