79. mon jardin en ville

petit jardin_de chez fotolia

Ci-haut, mon image inspirante du jour. On s'accroche après ce qu'on peut, des fois.

Quand j'ai décidé de revenir vivre à Montréal, l'an dernier, la question que je me posais [et mon entourage encore plus que moi, je crois] était comment vais-je bien pouvoir faire pour me passer de mes jardins, surtout les arbres, les plantations d'annuelles et de vivaces, le grand potager, le petit jardin de sorcière [rebaptisé pompeusement herbularius], et ma dernière expérience en liste, la butte de permaculture. La décision de partir étant prise, j'avais évacué la question, me disant que j'y verrais plus tard, en temps et lieu.

J'estime avoir eu de la chance car l'appartement que j'ai déniché est à un prix abordable et se trouve dans un quartier agréable, pas très loin du Marché Jean-Talon et de deux grands parcs, avec le métro à cinq minutes de marche. Alors je n'ai pas hésité très longtemps avant  de signer le bail en me disant tant pis pour le jardinage, puisque ce n'est qu'un appart. temporaire, une place où me déposer et faire le point. 

Ainsi, je me suis installée petit à petit, en plein coeur de l'été, et tenté de m'adapter à mes nouveaux espaces, fermant les yeux sur la minuscule cour arrière d'environ huit pieds de largeur sur une vingtaine de pieds de longueur et dont la majorité de l'espace est occupé par une galerie où j'ai planqué le barbecue [inutilisé depuis] et quelques pots avec des plantes dedans, et aussi un treillis, rapportés de ma campagne. 

Bizarrement, la galerie avant, bien qu'elle donne sur la rue, offre un peu plus d'intimité que l'autre, vu qu'elle est un peu en retrait. Et comme la rue est peu passante, j'y ai placé une petite table avec deux chaises [comme celles de la photo] et cinq gros pots contenant des herbes aromatiques repiquées du jardin [thym, basilic, origan, etc], et puis deux pots de fleurs grimpantes : leurs vaillantes petites vrilles ont eu vite fait de s'accrocher après les poteaux en fer forgé et elles sont montées jusqu'au toit de la véranda. C'était agréable, surtout le soir. Mais je n'ai jamais pu me sentir assez à l'aise pour sortir boire mon café ou un thé ou même lire dehors plus de deux ou trois fois. 

Cruel manque d'intimité. Parce que le cas de la galerie arrière est pire encore. Le problème c'est que je m'y sentais exposée car elle est juchée à trois ou quatre pieds de dénivellation, un peu comme une scène de théâtre : juste en face de la cour des voisins, qui eux disposent d'un magnifique patio très vert et superbement aménagé, au niveau du sol. Ils vivent dehors comme qui dirait en permanence l'été et l'automne, par beau temps. Ce qui me donnerait, si j'en avais envie, une vue imprenable et complète sur tout ce qu'ils font. Je pourrais les voir manger, roupiller dans le hamac, prendre un verre de muscadet l'après-midi, se faire des mamours, se chicaner et tout le reste. Bref, quand il m'arrivait de regarder dehors, pour voir le ciel, le temps qu'il fait et tout, j'étais « obligée » de les avoir dans mon champ de vision et alors cela me donnait l'étrange et insupportable sentiment d'être une voyeuse. Alors, ma petite cour arrière à moi, je n'y suis allée que pour arroser les plantes, à la nuit tombée, quand mes gentils mais trop visibles voisins finissaient par rentrer se coucher. 

Et pour comble de malheur, le peu de terrain qui longe la galerie et la sépare de la palissade des voisins « d'en face » est recouvert d'asphalte, le reste est en béton. Pas le moindre pouce carré de terre à cultiver. 

Pourquoi je raconte tout cela ? Parce que j'aime bien vivre ici et que je n'ai pas le temps et surtout pas du tout envie de re-déménager. C'est un peu petit, mais ça va. Pour quelques années, ou plus. Et puis moins c'est grand, moins il y a de ménage à faire. 

Or il se trouve que j'ai réfléchi et que je suis partie à la recherche de solutions pour utiliser l'espace extérieur au maximum, pour cultiver et profiter en même temps d'un endroit qui serait un petit sanctuaire personnel de verdure, intime [c'est un must, l'intimité]. La verdure formerait un écran protecteur avec le voisinage [vue, sons, odeurs]. Je crois avoir trouvé.   

Plus la matinée avance, plus je progresse dans mes recherches, et plus je constate que mon rêve est réalisable, que mon projet est réaliste et ne coûtera pas une fortune.

Sur la galerie, la culture en pots ne posera pas de problème, il y a le soleil l'après-midi. Et j'ai l'habitude de la rue Hutchison, c'est un peu pareil à mon ancienne terrasse, mais en plus petit, alors je devrai fixer des tablettes et suspendre le plus possible, étager la verdure pour faire pousser des légumes et des fleurs.

Je sais déjà où je pourrai placer un bac [à fabriquer, en bois] pour la culture des pommes de terre, trouvé sur Green Roof Growers. J'ai noté précieusement tous les liens et la documentation présentés. Reste à savoir si le coin auquel je pense offre bien ses six heures d'ensoleillement par jour [sous l'escalier d'en haut]. J'espère que oui. D'ici le printemps, j'ai le temps d'observer et de choisir le meilleur emplacement.

Maintenant, mon écran protecteur vert ? Je compte sur les vignes, les fèves et plantes grimpantes, un peu de vignes vierges aussi, en fin de compte tout ce qui pousse en hauteur et rapidement ferait l'affaire si je peux installer des bacs entre la cour des voisins et ma galerie, directement sur l'asphalte. Mais pour ça il me faudra des bacs à arrosage autonome [le SIP : self irrigating/watering pot/container]. Parce que s'il y a assez d'espace pour des bacs ou des gros pots, il n'y en aura pas pour circuler à côté pour les arroser. 

J'ai découvert beaucoup d'informations sur le sujet SIP, tout en anglais. Pour le moment, c'est de ce côté-là que j'ai commencé ma recherche. J'irai voir chez les francophones dès que j'aurai terminé chez les anglos.

Et qu'est-ce que j'ai découvert ? Une mine d'or d'informations [et de multiples liens] sur la fabrication et la culture en bacs de type SIP sur Homegrown Evolution. Je prendrai le temps de lire tout cela, de l'assimiler, puis je continuerai mes recherches et ensuite je ferai un plan de mon futur petit jardin en ville.

Pour le moment, il a l'air de ça. Rien de bien transcendant. Juste assez pour me donner le goût d'en faire un petit sanctuaire de verdure. J'ai pris la photo à l'intérieur, par la fenêtre de la salle à manger. La porte donne sur la cuisine. 

2010.02.03_ma galerie et futur jardin

Près de cette porte, il y a une fenêtre. Et la vue, par cette fenêtre, c'est une partie de la cour des voisins, juste en face, et en bas. Si au moins ma damnée galerie était pas aussi haute. Ils ont une deuxième terrasse en hauteur, mais ils n'y vont que rarement, j'imagine que de là-haut, ils ont vue peu intéressante chez moi [je suis désolée pour la mauvaise qualité de mes deux photos due à des vitres sales et des lueurs de flash].

2010.02.03_la cour en face

N.B. : chercher le possible de la permaculture en pots... et penser à l'hiver prochain : les pots devront-ils être vidés et entreposés ? risqueront-ils de casser si je les laisse dehors ? La suite dès que j'aurai trouvé les réponses.