71. de l'eau dans la lune

Aujourd'hui, j'avais envie d'écrire une belle page avec une image, mais j'avais pas d'image. Pas touché à l'appareil photo depuis des lunes [juste quelques croissants]. 

Depuis mon dernier billet, j'observais le monde autant que je pouvais sans pour autant avoir envie d'en fixer [ou pixéliser] des petits morceaux à regarder de près, après. 

Dites que je suis hypochondriaque si vous voulez, mais je crois bien avoir attrapé la fameuse et si bien nommée grippe A h1n1 [s'il vous plaît]. Comme toujours, je me suis soignée toute seule, donc pas vu de m.d. ni passé de tests. Mais je sais que je l'aie eue parce que ça m'a cognée pas mal dur avec la fièvre et la toux et tout et tout. Une nuit, j'ai bien cru que je passerais pas au travers, j'étouffais. Et puis voilà. Puisque j'écris cette page 71, c'est bien la preuve que j'en suis pas morte.   

Ainsi, j'observais dans l'espoir de comprendre comment le monde et la vie fonctionnent. Parce qu'un beau jour il était une fois j'avais commencé à écrire et il avait fallu pour cela que j'observe encore plus. 

Observer, ce n'est pas seulement regarder avec les yeux, c'est capter avec les cinq, six et même sept sens et en développer d'autres.

Observer ce n'est pas se tenir à l'extérieur pour faire des constats, échafauder des hypothèses et tirer des conclusions, non.

Si tu veux bien observer pour vrai, il faut que tu te places à l'intérieur, au centre, au beau milieu du monde et que tu vives dedans [par lui avec lui et en lui] jusqu'au trognon et que tu sois patiente. Sans trop rien attendre non plus. Être à la fois indifférente et à l'affût, comme qui dirait participer avec ton attention la plus « flottante » [dans la lune sans en avoir l'air, quoi], des fois qu'il se passerait quelque chose. Tu peux en provoquer aussi, pour que plus de choses t'arrivent à toi. 

Malheureusement, ou heureusement, plus le temps passait et plus j'observais et moins je comprenais. J'ai même changé de position sur la carte, franchi des fleuves et des mers, bu de l'alcool et du vin, avalé des kilomètres de routes terrestres et aériennes, et de voies ferrées, j'ai changé de pays, bougé sur place [incluant à l'horizontale et à la verticale], baisé avec ou sans l'éros, fumé des joints, dormi, balayé sous les tables, lorgné dans les deux extrémités des jumelles et télescopes, écouté les murs en carton, lu des montagnes de livres, de revues, de journaux et de petits papiers, pris des notes, discuté avec des savants, des écrivains, toute sorte de monde, regardé et écouté des mètres et des mètres de pellicule de cinéma et de musique, cultivé mon jardin et bien d'autres choses encore qu'il serait parfaitement oiseux et prétentieux d'inventorier par le menu détail. Mais ça n'a rien changé.

Le monde, on aurait dit qu'il voulait pas que je le comprenne, il m'apparaissait de plus en plus compliqué. Il jouait à cache cache avec moi. 

Et puis aujourd'hui, j'apprends qu'ils ont trouvé de l'eau dans la lune. Pas des traces et des particules gelées, cette fois. Non. Mais des litres et des tonnes de litres d'après la Nasa [source : radio-canada]. Ça change tout.