67. rugueux, rugueuse

Rugueux, rugueuse : adjectif que je ne pense pas utiliser très souvent à l'écrit mais à l'oral oui, ça m'arrive de temps en temps dans la vie quotidienne lors des quelques conversations que j'ai encore parfois avec du vrai monde en vie, lorsque je touche à quelque chose ou à quelqu'un de plutôt rude et qu'il ne me répugne pas d'en parler avec des épithètes pas trop douces. Mais à l'écrit c'est bizarre et cela mérite bien un billet, je ne crois pas l'avoir jamais utilisé et alors en fin de compte, il s'agit peut-être bien ici d'un aveu, que dis-je, d'une déclaration de non usage [au sens de never].

Les origines : rougueux est apparu vers 1520, d'après rugos : ridé [1350], du latin rugosa, de ruga « ride ». Comme quoi, si on croit en la fatalité de la vie, tout ce qui nous arrive serait une conséquence de la chute, tout nous amènerait inexorablement à tomber et à nous relever sans répit comme dans Jacques le Fataliste et ce jusqu'à la ride finale. En passant par les plis et les rides de la vieillesse. Sauf pour les abonnés au botox et sauf pour tous les autres qui n'ont pas la chance [ou la malchance] de plisser heureux.

Rugueux, rugueuse : le qualificatif est communément utilisé pour décrire une « surface [qui] présente de petites aspérités, des irrégularités, et qui est rude au toucher », comme dans cet extrait [Petit Robert 2007] : « De vieilles mains rugueuses, de la couleur des champs » [CH.-L. Philippe].

Rugueux : deuxième signification pour le même mot, cette fois promu au rang de nom masculin [1870] sert à désigner « l'appareil au moyen duquel on enflammait l'étoupille d'un canon, les fusées, les grenades » [même source], comme dans cet extrait : « Vite Minou, passe-moé le rugueux, y'a un bogue su' mon blogue » [la diariste et son chat, Script alias Lady A, alias Ariane Fabre].

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