42. volutes, bulles et morsures févrières

encore une tempête sur le bas du fleuve avec grands vents et murailles virevoltantes de fine poudrerie blanche à un point tel que le chat ne veut plus sortir avec tout ça je ne sais pas qui ou quoi m'a jeté un sort mais j'ai eu toutes les misères du monde à allumer le feu ce matin et pour comble de malchance je me suis fait une énième tendinite au poignet [gauche] mais n'allez pas me prendre en pitié trop vite je n'ai pas à bûcher mes bûches à mesure avec une hache grosse comme dans les films d'horreur vu que les bûches elles sont déjà taillées juste à la bonne longueur ça veut dire que le seul bois que je coupe c'est le bois d'allumage rien d'autre que des croûtes de cèdre que je refends avec une petite hache mais c'est quand même dur pour les poignets ahan que je me fais mal ahan que la plainte s'élève sacrante blasphémante la plainte du latin plangere pareil en grec frapper battre se frapper la poitrine son plangor à la fois lamentation ou gémissement et ahan se plaindre s'accuser ahan que je vais donque faire pitié pis qu'on va me plaindre et me traiter avec compassion ahan ahan s'effondrer s'auto flageller au public comme au privé ça paye ahan la tristesse l'apitoiement sur soi-même sentiments satisfaisants pour l'ego métaphore qui se préfère charitable et replet de bons sentiments et gentleman cambrioleur bon petit camarade avec ses semblables chienneries et litotes ça rapporte son lot de complaisances aptes à remonter le moral amoral y'a aussi la colère la rage la méchanceteé aussi la cruauté la diffamation aussi la menace bouhouhou qu'est-ce que j'ai peur ahan la peur tu m'as frappée je vais te dénoncer porter plainte t'accuser ils te puniront et tu seras bien content on parlera encore de toi ou bien je vais me taire me terrer à jamais mais ça c'est une autre histoire quand les années passent et que les heures du temps s'épuisent quel que soit le moment c'est toujours le bon moment pour écrire un poème sur un bout de papier et le glisser dans ma poche avec les petits sachets de mana magique et puis un jour elle s'enfuira et que je ne te revoie plus jamais pour vrai ni dans mes rêves ni ailleurs mais c'est pas comme ça la vie quand le monde entier entre dans un tout petit mouchoir en papier hypochloré t'es tout le temps là faut faire avec avancer pareil même si j'entends plus ta voix basse égratignée de vieux chanteur de blues triste murmurer je suis le gardien du sommeil de tes nuits je t'aime à mourir ils peuvent tout détruire mais fais quand même pas trop la guerre repose-toi de temps en temps et dors ce qui te plaira et l'amour aussi tu chanteras blanc dans les rubans pétale d'églantine que je laisse s'envoler je danse sur les toits et tu me manqueras encore dans cent ans tu bougeais trop vite pour moi faut croire et tes sourires ont coulé à pic dans les paumes ouvertes de mes mains tu me manques tout le temps depuis sept ou dix ans on ne se voit plus tu vieillis tu blanchis tu calvities je préfère ne pas compter les centenaires et les anniversaire et les neuvaines je recommence à rire aux larmes et je continue à pleurer de rire des fois tu me manques trop et je fais tout ce qu'il faut les gestes de la vie quotidienne qui glissent sur les guerres je braise sur la neige et cours derrière les couchers de soleil voir s'il y a des éclairs de lunes couleur orange brûlante et des aurores boréales éclatées à faire rouler sous la table je dresse pour minuit le couvert j'allume les bougies j'arrive à oublier les mesquineries humaines je ne vois que l'ombre de sa grandeur bouleversante sur la nappe blanche j'allume des chandelles des lampions des lampes des feux de bengale des coupes des ballons des rimes des fois je pense je ne veux plus continuer je pourchasse le chat qui me suit partout je vais me plaindre à cause que c'est qui l'imbécile qui a dit que les chats sont indépendants c'est pas vrai y'a pas plus dépendant que mon maudit chat qui me colle après tout le temps ça ne vaut pas la peine de l'hair à mourir pour ça fallait pas croire ce qu'on raconte sur les chats ils t'auront menti et puis se ressaisir et le caresser à mains douces essuyer les gouttes salées essayer la vie la mort la vida la muerte l'amor qui n'intéresse plus personne sauf à chipoter singer juger prêcher sermonner et se repaître des restes des retailles des charognes des cadavres des faces en sang sur des photos trafiquées par le fric puant la torture et l'indifférence

et constater chaque jour le principe de l'animal [selon murphy] : « de quelque côté de la porte que se trouve le chien ou le chat {ou l'homme aussi, selon script}, ce n’est jamais le bon »