37. mauvais rêves

Depuis quelques semaines, je fais plein de mauvais rêves. Au moins un ou deux par nuit. Je me réveille en sueurs, essouffée, affolée et même une fois j'ai émergé de l'un de ces cauchemars en pleurant comme une madeleine.

Mais cette nuit, c'est le comble. Il est quatre heure du matin. Autant écrire tout ça ici pour m'en libérer. Si ça se peut.

Je sais bien que ces rêves-là servent à éliminer ou réduire du stress qui me pèse, des émotions que je n'arrive pas à exprimer le jour, à froid. Ce que je refoule ou que je ne prends pas le temps de regarder en face parce que je fais des confitures ou des photos de fleurs.

Paraît que les rêves sont les gardiens du sommeil et que c'est grâce à eux qu'on vire pas fou. ok. Sauf que.

Je suis royalement tannée de rêver que je perds mes clés, mon porte-feuille, ma maison, mes enfants, fatiguée nuit après nuit de me faire voler ou d'oublier mon argent, mes cartes, mes livres, écoeurée de manquer le train, de tomber en panne d'essence au milieu de nulle part.

Il était trois heures du matin. Je venais d'engueuler un groupe de musiciens voyoux qui s'étaient installés dans ma cour avec leurs trois roulottes rondes et basses peintes en noir comme des gros corbillards, je leur avais ordonné et un peu supplié de s'en aller ailleurs. Et en plus j'avais encore une fois perdu mes enfants [~pourquoi juste deux, un garçon et une fille de huit et dix ans ?~] après que ces bandits m'aient coupé l'eau, l'électricité et le téléphone en dérivant tous les fils et tuyaux vers leurs campers. Mes petits étaient partis à courir vers le village parce qu'ils avaient peur, et je n'avais pas pu les rattraper pour les rassurer parce que mon auto avait disparue.

Je me suis frotté les yeux. Bu un verre d'eau. Tenté de me rassurer en me disant c'est rien d'autre qu'un autre maudit mauvais rêve fou, c'est pas vrai, rendors-toi vite Annie, tu vas être en mauvais état demain matin.

Une demi-heure plus tard, je constatais, en revenant de travailler, que je m'étais fait voler mon ordinateur. Pouvais même plus écrire mon journal en ligne. Après ce rêve-là, j'ai ri.