36. et la passerina

Il y a deux ans, j'ai semé du pavot à pâtisserie appelé Pavot Ziar ou Papaver somniferum. Depuis, il se re-sème tout seul et il repousse chaque année.

mes pavots

Je n'avais jamais récolté les graines, même si j'adore les gâteaux et pâtisseries au pavot. À une certaine époque, j'aurais fait des milles sur les coudes pour manger des pâtisseries aux graines de pavot. Surtout les gâteaux roulés [hongrois, je crois]. Ou en tout cas de quelque part en Europe de l'est. Il y en avait fait maison dans les boulangeries kasher de mon ancien quartier à Montréal, je m'en régalais.

Et mes pavots ? J'admirais les fleurs lavande très pâle au coeur violet sombre qui se balançaient au bout de longues tiges remplies de latex et cela me suffisait. Mais avec toutes les pluies qu'on a eu cet été, la floraison fut de très courte durée et je me retrouve avec une production fort impressionnante de grosses salières pleines de semences. Cette année je les cueille, me dis-je hier midi.

Questions sans réponses : quand donc les graines seront-elles mûres et prêtes à cueillir, et puis comment et quand le faire ? faut-il couper les capsules encore vertes ou les mettre à sécher et si oui, au sec, à l'ombre ou au soleil, ou encore vaut-il mieux les laisser sécher sur le champ et ramasser les capsules sèches en automne, avant ou après les gelées ? Rien dans mes livres. Fouillons l'Internet.

Je n'ai pas mis longtemps à rencontrer un vieux livre passionnant numérisé par Google. Le titre : Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle, appliquée aux Arts, à l'Agriculture, à l'Économie rurale et domestique, à la Médecine, etc, Par une société de naturalistes et d'agriculteurs. Il s'agit du tome XXV d'une Nouvelle édition presqu'entièrement refondue et considérablement augmentée, avec des figures tirées de trois règnes de la nature. Année de publication : MDCCXVII.

Pouvoir consulter ce si vieux, précieux et si savant bouquin sur le coin de ma table de cuisine pour apprendre comment récolter et utiliser mon pavot, ça m'a plutôt furieusement et sauvagement impressionnée, c'est le moins qu'on peut dire.

J'ai appris que je pourrais aussi en faire des décoctions et des sirops pour soigner toutes sortes de bobos. Calmons-nous, me dis-je. C'est pas facile à lire, parce que écrit en vieux françois et bourré d'archaïsmes, certains caractères sont déformés et difficiles à déchiffrer.

Je suis remontée de PAV où il y a des figures et des recettes et plein de renseignements sur le pavot jusqu'au début du dictionnaire [qui va de PAS à PHO].

Et là, à PAS, qu'est-ce que j'ai trouvé ? La Renouée. Ben oui. Ma petite renouée des oiseaux m'attendait là. Cadeau. Je traduis le début...

PASSERINA. Ce nom, qui dérive du latin passer, passereau, a été donné anciennement à une plante, à cause que ses graines ressemblaient, pour la forme, à une tête de moineau. On croit que c'était la même plante que le leucoias bulbeux de Dioscoride, qui est raporté au genre Leucoias. Quoi qu'il en soit, ce nom a été appliqué au linum strictum, Linum, au lysimachia linum-stellatum, L., et surtout à la STELLÈRE PASSERINE, qui s'appelle vulgairement langue d'oiseau, parce qu'on a comparé ses feuilles à la langue d'un oiseau. Enfin, Linnaeus a donné le nom de passerina à un genre dans lequel aucune des plantes ci-dessus ne rentre. Thumberg y rapportait le genre lachoea. V, PASSERINE, page 30. (LN)
    PASSERINA. Nom italien de la RENOUÉE. (LN)