34. beloved art, for this i thank you

Paraît que je reprendrai bientôt ma migration vers l'ouest de l'Eden. Autrement dit, que je réemballerai toutes mes affaires et que je reprendrai l'autoroute 20 Ouest, direction Montréal et ses environs. Par amour. Toujours. Ce soir, j'avoue n'avoir encore aucune idée du petit drapeau rouge en forme de goutte [façon google map] où je me déposerai. Pas grave. Je vis avec l'étoile.

Pour suivre la route de l'ouest sans jamais vous dire tout à fait clairement comment quand ni avec qui. Me suis sortie de mes obligations de travailleuse autonome sans contrat à durée indéterminée depuis juin 2007 vers 15 heures 30 cet après-midi, après quelques minutes de palabres insignifiants avec une patronne amnésique. Ça fait long, je sais, à écrire dans une phrase, mais c'est ça qui est ça. Lui ai remis une lettre de démission dûment signée en mains propres [même si les miennes étaient sales, pleines de terre sous les ongles - par principe, héhé] pour pas qu'elle oublie que je pars le 5 septembre. Enfin. Comme toujours, j'ai mis longtemps à prendre cette décision, mais j'avais écrit la lettre 3 minutes avant de monter la voir. Sans préjudices.

Légère et plutôt lumineuse, je suis. Soir d'orages comme je les aime. Le tonnerre a grondé tellement fort, les vitres du vivarium vibraient. J'ai mis au micro-ondes une tasse d'eau fraîche à chauffer pour boire tout à l'heure après ma pause journal un thé sulfureux des plus doux concocté à même les herbes de mon jardin de sorcières et de ceux sauvages des alentours. Ça me manquera. - Ian Bostridge chante tendrement quelques lieders de Schubert. Je vole. Avec une folle préférence pour An die Musik :

Beloved art, in how many a bleak hour, when i am enmeshed in life's tumultuous round, have you kindled my heart to the warmth of love, and borne me away to a beter world ! Often a sigh, escaping from your harp, a sweet, celestial chord has revealed to me a heaven of happier times, beloved art, for this i thank you.