66. je vous souhaite la pluie ?

Lors de ma dernière tournée de bouquinage à la petite librairie du village, je suis tombée tout à fait par hasard sur le livre d'un écrivain que je ne connaissais pas, Élizabeth Tchoungui.

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Je cherchais un autre livre et je l'avais d'ailleurs trouvé, j'avais également déniché - toujours par le plus grand des hasards, j'aime ça - un super bouquin à offrir à l'un de mes amours chéris à Noël et je faisais le pied de grue dans la mini file d'attente pour passer à la caisse avant de repartir dans ma montagne mordue par le froid glacial du premier décembre le plus enneigé de ma vie quand je me suis mise à bouger et à regarder partout et puis en me retournant je me suis trouvée face à face avec le rayon des livres de poches et juste sous mes yeux, ce visage brun mangé par deux grands yeux noirs et l'un de ces rarissimes titres en jaune : Je vous souhaite la pluie.

J'ai regardé le bel objet, je l'ai touché et hop, je l'ai capturé. J'ai lu la quatrième de couverture, feuilleté, lu quelques passages ici et là. Il s'en dégageait une grande douceur, comme une lumière chaude et des mots, des tournures de phrases teintées par la langue fière et forte des sorciers, soeur jumelle de celle parlée par mes amis Franco-Camerounais de Montréal, des rires et du soleil, des odeurs.

Quand mon tour est arrivé de passer à la caisse, je lisais l'incipit du deuxième chapitre :

La nuit tomba à la manière d'une nuit africaine, comme un couperet.

J'ai mis le livre de Tchoungui dans ma pile. J'ai payé et je suis rentrée à la maison. Le livre était à moi, tagada.