30. hors d'état de nuire

Quelque chose comme une mauvaise grippe s'étant rajoutée aux soucis d'ordre matériel, le tout par-dessus une grosse peine, je me retrouve totalement hors d'état de nuire. Je prends donc le partie d'en rire, et parfois d'en pleurer. Que puis-je faire d'autre sinon attendre que la douleur passe, et que les nuages noirs s'éloignent.

J'ai beaucoup lu ces dernières semaines. Pris le temps de noter les titres dans ma liste de lectures, fort pratique pour garder une trace. Je me dis toujours prends donc le temps de noter quelques mots, ce que tu retiens, apprends, aime ou n'aime pas de ces livres et puis je ne le fais pas, car je passe tout de suite à d'autres lectures, dans d'autres mondes.

Sauf pour certains livres, surtout s'ils sont à moi et qu'ils peuvent vivre avec moi quelques temps, je les relis et alors je note. Il y a cette biographie de Indira Gandhi. Paroles fort touchantes.

Quelque part dans ce livre, elle mentionne que les vêtements anciens étaient infiniment plus beaux que les costumes modernes. Elle ajoute que la jeune fille indienne passait des années entières à broder la jupe de son mariage. Jupe qu'elle finissait par porter pour le reste de ses jours, ou presque. Parce que le tissu était solide et la confection superbe, la jupe pouvait durer. Je dois être une incorrigible rêveuse pour en arriver à me laisser charmer par des choses pareilles. J'ai même fouillé le web à la recherche d'images de ce que j'imagine être ces fameuses jupe.

J'ai aimé m'approcher un peu des idées de cette femme, ce qu'elle pensait de la liberté et de l'indépendance des pays et des personnes, de la démocratie, du féminisme, de l'égalité des sexes, de l'éducation, de l'analphabétisme, des livres, de la violence, de la guerre, de la pauvreté, des religions et de la paix, et même de la méditation.

Madame Gandhi, dans ce livre, ce n'est pas quelqu'un qui prêche, c'est quelqu'un de bien. Pas seulement un chef d'état mais quelqu'un qui EST, très simplement et avec une grande sincérité, soi-même.

De ce livre dont le titre est Ma vérité, je conserverai aussi ce paragraphe extrait d'un discours qu'elle a prononcé à l'université de Roorkee, le 18 novembre 1967 :

La science combat la superstition. Le respect inconditionnel de tout ce qui est ancien est une superstition. L'idée que certaines races, religions ou castes sont supérieures à d'autres est une superstition. Croire qu'un système idéologique particulier à un moment de l'histoire a une valeur universelle est une autre superstition. La science en revanche va de pair avec le changement. Pour diverses raisons, la superstition affermit ses positions et trouve de nouveaux adeptes. Sans l'aide de la science, je pense qu'il y a peu d'espoir de vaincre ce virus qu'est la haine religieuse. Les savants et les hommes de science devraient se donner pour mission de répandre l'esprit scientifique afin que notre marche en avant ne soit pas entravée par la superstition.

J'ai retenu également quelques réflexions issues de ses entretiens avec Tagore, notamment que la vraie liberté n'est « pas seulement la liberté au sens politique mais la liberté face à l'ignorance, la superstition, la bigoterie et la mesquinerie. »