21. déception littéraire

Un deuxième matin où je me réveille et je me dis que ça ne va pas si mal. Je me dis que je pourrais être malade, folle, sans logis ou pire, complètement morte. Mais je vis. J'ai une santé que l'on dit de fer.

L'observation des êtres humains m'a permis de constater que les personnes très fortement constituées, autant sur le plan physique que mental, deviennent parfois autodestructrices.

Comme s'il fallait absolument avoir des carences ou des faiblesses, sinon des maladies, pour apprendre à se construire ou à se reconstruire, ou plus simplement à se maintenir en santé. Et je ne pense pas seulement au corps.

En après-midi, j'ai fait mes trois heures de bénévolat à la bibliothèque municipale. J'étais affectée au classement. J'ai de moins en moins de difficulté à m'y retrouver dans la littérature jeunesse. Ensuite ce fut la réunion avec la directrice pour la planification du cercle de lecture. Ce projet me tient à coeur et je me suis engagée à continuer, ce qui fut accepté, malgré le fait que je partirai probablement dans les prochains mois. Je suis contente. Le plus gros du travail préparatoire est fait et nous avons déterminé la date et le lieu des rencontres, il me reste seulement à téléphoner aux douze personnes inscrites pour les inviter à la première rencontre, le 23 février. Par la suite, après mon déménagement, je reviendrai pour faire l'animation, tout le reste peut se faire à distance [échanges par téléphone ou par courriel, recherches et commandes de livres, lectures, analyses, comptes rendus, etc.]

Avant hier j'avais arrêté de lire Salomé [de Weyergans] au tiers du livre. Hier soir je me suis indignée de mon manque de persévérance [ou d'ouverture?] et mon ingratitude, moi qui ai tant aimé Franz et François, et aussi Trois jours chez ma mère.

Alors je suis montée dans ma chambre très tôt avec un verre de vin rouge et Salomé, et ensuite je me suis glissée sous deux épaisses couettes et j'ai repris ma lecture en buvant une petite gorgée de vin de temps en temps.

Mais à un moment donné, un peu passé dix heures et demie, j'en ai eu assez de rencontrer le mot Salomé dix ou vingt fois sur la même page, et des bites et des glands qui se prennent pour des avions ou n'importe quoi. Mais ce n'est pas ça le pire, je reconnaissais ici et là de nombreux passages déjà lus dans les autres livres du même auteur, ou ailleurs. Ces gens prennent vraiment les lecteurs pour des imbéciles. Ok. Je suis peut-être une imbécile pour vrai. Mais ce narrateur qui a l'air de vouloir se déguiser et changer de personnage, et qui demeure toujours aussi vide de substance, mais imbu de son pénis et de son sperme qu'il exhibe partout autour de lui, même sur les écrans de cinéma, il ne m'intéresse pas. Il n'a pas réussi à m'intéresser à son discours. Je le trouve moche et même pas pervers. Même pas obscène. Horriblement complaisant. Surtout ennuyant à mourir.

J'ai refermé le livre à la page 178, en faisant toutefois l'effort d'aller voir un peu plus loin, un petit saut toutes les dix pages pour lire quelques paragraphes, juste au cas où le roman commencerait avant la page 299, la dernière. Eh bien non. Rien. Je n'ai pas trouvé de roman dans ce livre. Un récit autobiographique décousu et fantasmatique, oui, mais pas un roman.

Notez bien que je ne suggère à personne de ne pas le lire, au contraire. Je dis seulement ma déception, et quelque colère, de ne pas avoir été charmée par cette Salomé, moi qui l'ai admirée dans la Bible et ensuite adorée sinon adulée grâce à Oscar Wilde et à Flaubert. Vite, un exorcisme : relire Wilde. Relire Flaubert. Et la Bible.

Avec tout ça, j'ai changé encore une fois la présentation du blog que j'appelle toujours « mon journal on line ». J'ai trouvé ce design assez minimaliste mais très compliqué à traduire, modifier et mettre à ma sauce. On verra. On peut toujours revenir au cahier à reliure spirale si on se lasse de la branche de cerisier en fleur.


commentaires

le lundi 2 avril 2007, à 19h28, Réal Yté a écrit :

Mademoiselle Strohem, hum, comment dire? N'auriez-vous pas une quelconque adresse courriel. À vrai dire, je ne vois pas bien. Non pas que je sois non-voyant. Pas plus que clairvoyant, vous pensez-bien. Je ne vois pas, point à la ligne.


le lundi 2 avril 2007, à 22h15, annie strohem a répondu :

salut !

je ne vois pas beaucoup moi non plus. j'ai croyais pourtant avoir mis le lien, juste en bas de la page... tout en bas. à bientôt !