8. applaudissamainencore

Ça n'a pas été trop difficile de mettre la main sur le Finnegans Wake en français. Il était juste à côté de l'autre. Mais je n'avais pas envie de remonter le chercher. J'ai de ces moments de paresse, ou de grande fatigue. Ça m'angoisse.

Pour fin d'éclairer les lanternes, je dois ajouter que, cet hiver, je travaille en bas, à un bout de la longue table en merisier, dans un coin salle à manger, à droite du foyer. C'est plus pratique pour le fournir en bois. Quand je travaillais en haut, j'oubliais de descendre et le feu mourait, la maison gelait. Tout cela pour dire que tous mes livres, sauf ceux sur lesquels je travaille, sont au deuxième, dans mon bureau. Je comprends que ce n'est pas facile à suivre, ce que j'écris ici. Je ferai un effort pour mieux, disons, situer l'action et les personnages.

Le paragraphe en anglais lu [savoir aussi que dans ce blog je ne cite pas, je fais la lecture...] hier avait l'air plein de fautes de frappe, n'est-ce pas ? Eh bien non, il a été écrit comme ça par le grand James Joyce. Et ce qui fait le merveilleux de ce texte c'est qu'un sens s'en dégage, un sens qui flotte et qui ne saurait s'expliquer de manière rationnelle. Et c'est tant mieux. D'où la difficulté et le défi énorme, pour ne pas dire colossal, de la traduction :

Et Babel n'habitera-t-il pas avec Lebab ? Et il en fut ainsi. Et il ouvrira la bouche pour répondre : Entends, O Ismaël, le seigneur notre dieu est le seul dieu. Si Nekulon tombe sûrement que Makal gagnera le ciel à bon port. Va, exalte Makal, oui, excelle-le. Par ce que bien que fus étranger couché sur ton passeport parmi les brebis de la bergerie, mon excellence surpasse celle d'Ismaël. Grand est celui qui surpasse Ismaël car il sera Roi de Mak Nakulon. Et il en fut ainsi.

Applaudissamainencore !

Voilà pour la version française de l'extrait d'hier, elle est de Philippe Lavergne. J'adore l'applaudissamainencore. Hier je préférais l'uplouderamainagain. Puis-je préférer les deux ?