5. des pages fantômes

Pas fait de photos. Même pas mis le nez dehors. Pas fait les pages que je voulais faire non plus. Il s'agissait de mes nouvelles rubriques de pages, toujours en chantier, mais ça cogite.

Alors vu que les pages ne sont pas écrites, je pigerai une deuxième fois dans Lector in fabula, pour répondre à la question du : « qu'est-ce que tu fais » aujourd'hui.

J'ouvre le livre n'importe où, et cette fois je tombe à la page 268, en haut il y a un nouveau chapitre, le 11.6., intitulé : « Promenades inférentielles et chapitres fantômes ».

J'ai bien failli m'étouffer. Alors qu'est-ce que je fais ? Je fais une fabula. Entre midi et 15 heures, cinq pages. Puis j'ai commencé à embouteiller le vin. Mais j'y ai d'abord goûté. Pas mal, mais il a besoin de vieillir encore.

Je fais la fabula. Un événement succède à un autre dans le temps. Je fais avancer le lecteur dans ses prévisions. Je fabrique de toutes pièces des disjonctions de probabilité. Je fictionne des petits chemins que les futurs lecteurs écriront eux-mêmes comme des chapitres fantômes.

Je fais comme dans les films :

Un homme et une femme s'embrassent, l'éphéméride est effeuillée en accéléré et on voit un bébé dans un berceau. Que s'est-il passé entre temps ? Le texte, mécanisme très paresseux, a laissé au lecteur le soin d'accomplir une partie de son travail et il est persuadé que le lecteur a fait ce qu'il devait faire.

Je ne fais pas une fabula très simple. Je ne situe pas tout le temps les événements dans une succession temporelle gentiment ordonnée. Je fais des anticipations. Je fais attendre. Je fais des retards. Je me fais la lecture de la fabula et je relis et relis et je vois si je laisse assez de vides à remplir.

Je fais une fabula. Je fabrique des fantômes.