moineau ?

Parmi tous les livres que j'ai lus dans mon enfance, il y en a un qui me fut fort précieux parce qu'il m'a fait rêver longtemps et il m'arrive d'y songer encore. Ce livre, je ne l'ai plus, et je n'ai aucune idée où il a pu passer.

D'ailleurs je n'ai conservé aucun des livres qui ont enchanté mes premières années de lectrice, et c'est bien dommage. Ils étaient donnés ou jetés, que sais-je. Si c'était à recommencer, je serais plus attachée à mes affaires. Même mes jouets, on a tout donné. Mais on ne recommence pas sa vie, tout au plus pouvons-nous protéger ce qu'elle nous offre d'éblouissements et d'amour. La passion. Si c'était à recommencer, je garderais au moins une poupée, ou un seul livre.

Et ce livre aurait pour titre Moineau la petite libraire. C'était l'histoire d'une petite fille qui vivait seule dans une librairie avec sa mère. Je ne crois pas avoir aimé un livre autant que celui-là.

Dans ce petit bouquin, lu et relu, je devenais Moineau et j'étais pauvre comme elle et je vivais avec elle et sa mère [je crois qu'elle était malade] à Paris et c'était plein de vie et de soleil. Je ne me souviens pas des détails de l'histoire, sauf que cette petite fille et sa mère je les aimais follement.

Je n'avais pas trop cherché ce livre en librairie. Un jour, en parlant avec Élizabeth, la libraire de la regrettée librairie Hermès, j'ai appris qu'elle avait aimé Moineau autant que moi et qu'elle rêvait de relire ce livre qui devait être réédité chez Triomphe en avril 2003. J'aurais pu le commander, mais je n'ai rien fait. Je crois que j'attendais le hasard.

L'auteure de Moineau la petite libraire s'appelle T. Trilby, elle fut une romancière célèbre de 1920 à 1960. De temps en temps, en repensant à la petite Moineau, j'aurais voulu vivre à Paris et devenir libraire.

Je suis déjà allée à Paris et j'aimerais y vivre. Ce qui m'arrivera peut-être un jour si j'en crois la santé et la folie douce avancée de ma bonne étoile.

Quant à devenir libraire, cela pourrait se faire grâce à l'Internet. Il se pourrait bien que je me discipline à travailler quelques heures par jour en plus de ce roman [au titre génial top secret, ne l'oublions pas] pour monter un nouveau site et j'ouvrirais ainsi très bientôt une petite librairie virtuelle [que pensez-vous de Moineau's bookstore ? arf]. Il faut vraiment que je commence sérieusement à gagner "ma vie" comme on dit. Les factures s'empilent et mes économies fondent comme glace au soleil.

J'ai beau écrire, écrire, mais je n'ai encore publié aucun livre et dans l'hypothèse où j'en finisse un ou deux qui seraient édités l'année prochaine, ce n'est pas avec ça que je pourrai payer le pain et le vin le mois prochain.

J'ai déjà pesté contre la publicité, mais après réflexion je crois que la pub bien faite et pertinente permet de mieux faire connaître un produit et ainsi nous offre la possibilité de faire des choix intelligents parmi l'abondance de ce qui nous est offert.

Toutes mes questions ont trouvé une réponse grâce à Moineau la petite libraire : tenir une petite librairie virtuelle serait le meilleur moyen de faire un travail "honorable" et qui ne bouffe pas tout mon précieux temps que j'ai besoin de "perdre" comme il se doit pour écrire. Annoncer des livres, c'est participer à leur diffusion, les faire connaître, les offrir à qui veut les lire pour ajouter quelques sous dans la bourse de l'auteur ou de sa descendance. Cependant, je ne vendrais pas MES livres. Je pourrais tenir une petite boutique pour une grande librairie virtuelle qui s'occuperait des paiements et de l'expédition, bref de tout ce que je n'aurais pas le temps de faire. Ça existe, ça ?