en ville

J'écris dans la pénombre de la salle à manger désertée. Tout le monde dort encore. J'ai fait le café et nourri les trois chats.

Arrivée de ma campagne en début d'après-midi hier, je suis bien contente de me retrouver à Montréal pour un séjour de quelques jours, peut-être même pour toute une semaine.

Avant de partir, j'ai imprimé le manuscrit inachevé sur lequel je travaillais ces derniers jours, et que j'avais laissé dormir sinon déposer ou décanter quand j'ai entrepris de réécrire Épiphanie. Et je l'ai apporté pour y travailler un peu, si j'ai le temps. Pour ce travail-là, je sens le besoin de m'entourer de la musique de bavardages et d'affections, autant pour en donner qu'en recevoir. Je suis toujours contente de mon titre que je trouve génial [mais top secret, pour ce journal].

Alors la volumineuse chemise baptisée « manuscrit et notes » dont seuls quelques lecteurs attentifs [et qui ont une mémoire d'oiseau] se souviendront d'avoir vu la photo, est ici à côté de moi et elle a doublé en épaisseur ; j'ai relu quelques pages au lit hier soir et gribouillé des commentaires dans les marges. J'avais besoin de silence, de nature et de solitude et je les ai vécus. Ces jours-ci je m'offre le bruit, le monde et l'agitation, les accolades, les câlins et les conversations.

Dans ma valise il y avait aussi des pots de confiture et autres petites douceurs. Ils disent qu'ici ils n'ont pas encore eu de neige. Et dans la cour arrière, le décor ressemble à chez-moi : tout se fond dans les tons de gris et de beiges, avec des troncs d'arbre noirs ou bruns.

On a un peu fait la rumba hier, mais quand je reviens, c'est toujours comme ça et après quand je me couche, je n'arrive pas à trouver le sommeil.

Je ne flânerai pas trop longtemps dans mon pyjama, j'ai plusieurs courses à faire, notamment dans les bouquineries pour trouver les livres que je cherche et que j'ai envie d'avoir dans ma bibliothèque à moi car je ne m'habitue pas à me séparer des bons livres que je trouve à la bibliothèque municipale, et les y rapporter un par un me crève le coeur. Pour certains livres, cela ne me dérange pas trop, mais d'autres, je préfère qu'ils soient pas loin pour les ouvrir et les refermer quand j'en ai besoin.

Et puis je reviens à Montréal pour des rencontres et autres fréquentations que je ne peux plus remettre aux calendes grecques et aussi parce qu'il y a des amis qui me manquaient trop et que j'ai envie de revoir au plus vite. Et puis j'ai des recherches à faire à la grande bibli de la grande ville et à celle de l'uqam, je veux passer du temps dans quelques musées, on ne se corrige pas n'est-ce pas, et dans les cinémas. Et manger des sushis. Ces derniers jours, je ne rêvais plus que de sushis, sashimis, makis [et compagnie].

J'ai l'intention de rester assez longtemps pour avoir le temps de faire tout ça et puis de flâner et déambuler un peu dans les rues et ruelles de cette ville qui me manquait plus que je ne l'aurais cru. Mais pas question de redéménager en ville, cette question-là s'est réglée d'elle-même. Je n'ai qu'à venir vivre un peu ici quand j'en ai besoin. Je ne sais pas quand je rentrerai là-bas.

Je n'ai pas besoin de le savoir. Quand j'en aurai envie. Mais pas aujourd'hui.