140. quel beau matin pour faire des confitures

Hier soir, mademoiselle météo avait annoncé -1c, et un gros risque de gel au sol dans ma région. Je ne sais pas si ses prédictions se sont réalisées mais ce matin vers huit heures quand je suis descendue, il faisait hyper froid dans ma vieille maison. J'ai sorti mes pantoufles doublées en mouton et je les ai enfilées sur mes dix orteils frigorifiés, j'ai passé un châle sur mes épaules et installé le portable sur la table de la cuisine déjà toute réchauffée par le soleil. Le thermomètre indiquait huit degrés à l'ombre. J'ai fait ma petite tournée dehors et les fleurs, les grappes de raisins déjà presque toutes bleues et les tomates rougissantes de même que la grande majorité des plantes encore bien vivantes du jardin n'avaient pas l'air d'avoir subi les affres de la congélation. Il doit y avoir un micro climat par ici à cause du fleuve ou de je ne sais quoi.

Je fais des conserves. J'ai congelé plusieurs sacs remplis de tomates et tout à l'heure je m'occuperai des poireaux. J'ai blanchi et congelé un gros bol d'épinards ; j'en récolte encore parce que j'en ai semé deux fois. L'an prochain, je ferai trois et quatre semis de cette bonne variété de la plante [les Monstrueux de Viroflay achetés à la Société des plantes] car les épinards poussent bien dans la terre d'ici et ils sont délicieucement tendres, très verts. Les bettes à carde poussent très bien également et il m'en reste beaucoup à cueillir. Pour finir j'ai fait de la confiture de prunes à la chair très sucrée. Il est plus de trois heures de l'après-midi et je n'ai pas encore trouvé le temps de manger un vrai repas.

Je relis « en diagonale » les différentes versions d'Épiphanie que je conserve sur un cd. Je télécharge le programme du Fil [festival international de littérature], qui commencera le 15, à Montréal. J'irai jeudi et y resterai pour quelques jours. J'avais très envie d'aller voir et entendre Fanny Ardant et La maladie de la mort à la Place des Arts. Sauf que c'est un peu trop cher pour mes moyens [$52.00]. Je réfléchis encore à ce que j'écrivais hier. Je suis presque décidée à reprendre Épiphanie.

Dimanche dernier j'ai découvert au fond du terrain une trentaine de framboisiers d'automne et quelques uns étaient chargés de fruits gros et juteux avec plein de petits nouveaux autour et d'autres tout rabougris et en train de dépérir. J'ai des courses à faire au village et après je me mettrai à l'ouvrage pour leur bêcher un nouveau coin de terre dans laquelle je mettrai un bon lit de compost pour les y transplanter quand ils seront en dormance et ainsi l'an prochain j'aurai le commencement d'une framboisière récupérée de l'ancienne. Après ça je rentre, je fais la vaisselle, j'allume un feu de cheminée, je fais chauffer la soupe et je mets sur papier toutes mes nouvelles idées pour Épiphanie. Je ne m'inquiète pas trop pour l'autre roman en chantier, ça ne pourra me faire que du bien de l'oublier un peu.