126. lady

cheval. source : fanimaux.com

Au saut du lit, j'étais plutôt en forme et de bonne humeur. Et tellement pressée de partir voir les chevaux que je ne tenais plus en place, et donc je me suis tenue occupée jusqu'à la dernière minute. C'est comme ça que j'ai coupé presque toutes les fleurs de la grande camomille, j'en ai laissé un peu pour voir si elle allait se resemer toute seule l'an prochain. Sinon peut-être sera-t-elle vivace, j'en ai aucune idée, on verra.

Et puis quand est enfin arrivée l'heure h, je suis partie en gougounes pour faire de l'équitation. Imaginez. Et je n'avais pas le temps de revenir à la maison et en plus, j'avais oublié d'apporter l'appareil photo. Moi qui avais une hâte folle de publier une photo de « mon » cheval dans ce journal. Tant pis pour l'authenticité, il faut parfois savoir se contenter des apparences.

J'ai donc choisi parmi toutes les images de chevaux libres de droit sur le web celle qui était la plus ressemblante et voilà [http://www.fanimaux.com/absolute3d/Wallpaper/index.php?ImageID=1169]. Je ferai mieux la prochaine fois, promis. Elle s'appelle Lady [je le jure], et elle est toute douce. Et gestante en plus. On m'a dit qu'elle attend son quatrième poulain et son ventre commence déjà à s'arrondir.

Il était une heure de l'après-midi, je me suis approchée tout doucement pour faire sa connaissance dans le grand champ qui fleurait bon le trèfle blanc et où la Lady broutait son herbe verte sans se fatiguer en compagnie des autres chevaux. Avec R., je l'ai amenée jusqu'à l'écurie et j'ai pris le temps de bien la panser par trois fois avec trois brosses différentes et ça lui faisait du bien parce qu'il faisait horriblement chaud et elle était couverte de sueur. Puis j'ai installé une petite couverture sur son dos [je dis couverture, mais en fait il s'agit d'un tapis de selle, une sorte de coussin doublé de mousse et d'une grosse étoffe en laine, c'est très épais pour protéger le dos du cheval] et par dessus j'ai mis la magnifique selle en cuir repoussé, gravée d'un semis de petites fleurs et de feuilles rondelettes, bien profonde, polie et confortable mais très lourde aussi. J'ai ensuite placé le mors dans la gueule de Lady en faisant bien attention de ne pas la blesser aux dents et puis j'ai passé les oreilles dans la bride et attaché le tout, j'ai ensuite sécurisé la grosse courroie de la selle sous le ventre en tirant fort [ça fait plusieurs détails à retenir, plusieurs gestes qui se doivent d'être précis et bien ordonnés], et puis j'ai pris les rênes et je les ai tenues dans une main en même temps que j'attrapais la selle pour mettre le pied [gauche] à l'étrier et me hisser et puis hop, je me suis retrouvée bien assise avec un peu le vertige.

Le reste a passé très vite car c'est beaucoup trop court 60 minutes pour un cours d'équitation alors j'ai savouré chacune des secondes et ce fut une très précieuse heure de chevauchée. Des actions brèves, les rênes longues. Un bon cheval. Par contre je n'en reviens toujours pas de la coïncidence : si cette jument avait su que j'ai déjà utilisé le pseudonyme de Lady A. [Lady. A étant toujours une face cachée de mon personnage qui intervient encore de temps en temps dans le journal à titre d'instance critique, mais de moins en mois souvent... quelque chose comme le surmoi un peu snob de Script – mon pseudonyme favori du temps], je me demande ce qu'elle aurait pensé...

Finalement j'ai oublié d'écrire que R., la prof. d'équitation, m'a prêté des souliers. Quant aux photos de la Lady, je les ferai la semaine prochaine.