123. ciel blanc

le pic bois derrière la fenêtre

Je me suis levée et le ciel était blanc, je ne voyais plus les montagnes sur le fleuve. Il a plu toute la nuit et toute la matinée et peu à peu l'horizon bleu pâle s'est détaché du blanc, au loin. Un pic bois est resté longtemps devant moi, dans l'arbre, juste en face. Et comme il ne se décidait pas à partir, s'étirant le cou pour regarder partout, picorant paresseusement de temps en temps et contemplant l'écorce trempée, je l'ai photographié par la fenêtre. Je me suis assise, j'ai commencé à écrire et ensuite le pic bois s'est envolé vers plus haut et je l'ai perdu de vue.

Un peu plus tard, vers 14 h 30, le rideau blanc a redescendu sur le fleuve, cachant toute la vallée. J'avais projeté d'aller à un concert, à 14 heures, et puis j'ai finalement décidé de rester à la maison pour ne rien faire d'utile et peut-être même avancer un peu dans mon manuscrit. Mais avant de me remettre au clavier, j'ai enfilé un imperméable et je suis sortie marcher dans les champs tout mouillés, ça bruine encore. De retour à la maison, je l'ai trouvée bien froide, surtout humide. L'avantage avec cette vieille maison, c'est que l'air climatisé est « fourni » par la cave en pierre des champs et donc cette perpétuelle source fraîche garde la température toujours confortable quand il fait trop chaud dehors, mais quand le mercure se met à descendre, brrr. J'ai donc fait un feu de cheminée qui augure déjà un peu l'automne ; je sais, j'aurais pu mettre des vêtements chauds, mais le feu de bois, c'est bon pour l'âme et mon petit coeur fragile du dimanche. Me semble que j'ai à peine eu le temps de goûter à l'été... et j'en veux encore.