117. rouge

Je me sens légère comme tout. C'est une bien curieuse journée. Je me suis levée très tard avec l'envie de ne rien faire. D'aller nulle part. J'aurais bien aimé aller à Montréal ou à Québec, mais pas envie de conduire pour m'y rendre. J'ai faim sans avoir le goût de manger ni de cuisiner. Je me suis gorgée de confitures, de biscuits et de café noir sucré. Pas envie d'écrire. Hier non plus. J'avais projeté de me remettre à taper le manuscrit. Je ne l'ai pas fait. Je n'ai pas la tête à ça. Je crois que je n'ai plus ma tête, elle est restée quelque part dans les limbes et les rêves. Même pas envie de lire.

J'ai travaillé un peu dehors à ramasser des choses qui traînaient autour de la maison et j'ai admiré une fois de plus les minuscules fleurs sauvages et les mauves toujours aussi belles. J'« écoute pousser les fleurs ». J'avais semé mes soucis et des capucines au beau milieu du potager, ça a commencé à fleurir tout en beauté. Les soucis en jaune orange, et les capucines en pourpre.

C'est un peu beaucoup par désoeuvrement et pour jouer à imiter les capucines que j'ai repeint le fond de la page mais je n'ai pas réussi à trouver exactement le même rouge. Comme je me fatigue vite de la couleur dans ce journal, profitons-en pendant que ça passe. Et pour ceux qui n'aiment pas le rouge, prière de ne pas trop s'en faire, je suis capable de m'en défaire bientôt afin de tout reblanchir – assez vite. Je vais sortir faire une photo des capucines et des soucis tout à l'heure. J'ai travaillé dehors à attacher les plants de tomate après les tuteurs, ils ont énormément grandi et sont couverts de fleurs et de jolies tomates toutes vertes.

C'est fou comme je me sens aujourd'hui, ma pensée ne se fixant sur rien. Je ne pense à rien, je me suis couchée sur le divan pour écouter l'opéra à la radio le bel Ascanio in alba de Mozart. C'est léger comme du vent. Encore un peu et je m'envolerais.