109. lettres

Je viens tout juste de corriger la page d'hier, bourrée de petites fautes, un peu comme de la dyslexie, des coquilles que je n'avais même pas vues à la relecture, et que je fais d'habitude quand j'écris vite, avec la tête pleine d'idées qui galopent un peu ailleurs. J'ai donc révisé et rectifié : des « la » au lieu de « le », des accents qui se prenaient pour d'autres, des lettres oubliées, des virgules déplacées, et même des codes html pas posés, bref tout un charabia sur toute une longue page qui avait l'air brouillon et négligée comme tout. Pas un seul lecteur ne m'a écrit pour se plaindre, ou pour me signaler les erreurs. Peut-être qu'ils s'en fichent éperdument, qu'ils ont bien d'autres choses à faire ou encore qu'ils se disent « cela ne me concerne pas », ou encore « elle peut bien faire toutes les fautes qu'elle veut celle-là, elle se prend pour qui d'écrire autant, d'écrire tout le temps ». Peut-être qu'ils ne reviendront pas à cause de ça et qu'après le journal va mourir faute de lecteurs quel malheur. Et moi je me suis levée à six heures du matin. Hier soir j'ai lu au lit, j'ai tout fini de lire les lettres de Beauvoir à Sartre jusqu'au 31 décembre 1939. Une bonne lecture, un bon livre qui m'a tenue intéressée jusqu'à la dernière page. Vivement vendredi, que j'emprunte le volume deux. Ces deux livres, j'ai carrément eu envie de les voler à la bibliothèque. Mais je ne le ferai pas parce que je ne suis pas une voleuse, et je me promets de les acheter un jour parce que je les veux pour toujours avec moi. C'est assez nouveau que je me pâme presque pour des lettres, je n'avais jamais trop apprécié le genre épistolaire avant, à part les Lettres à Miléna et quelques autres incontournables grandes lettres de la littérature. Avec mon premier café tout à l'heure, j'ai repris les Lettres d'amour à Brenda Vénus. Miller lui conseille plusieurs livres et des films. Je note tous ceux que je n'ai pas lus ou vus dans mon petit carnet noir, pour mon prochain passage à la bibliothèque, ou à la librairie.