87. pause poésie

Je demande pardon aux poètes que j'ai pillés
– poètes de tous pays, de toutes époques –
je n'avais pas d'autres mots, d'autres écritures
que les vôtres, mais d'une façon, frères
c'est un bien grand hommage à vous
car aujourd'hui, ici, d'un homme à l'autre
il y a des mots entre eux, qui sont
leur propre fil conducteur de l'homme
merci.

Miron, « En une seule phrase nombreuse », in L'homme rapaillé.