72. apéro

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Mes petites plantations progressent bien, j'ai de la chance car je n'ai rencontré aucun problème à ce jour. J'attends patiemment le jour où la terre sera assez réchauffée et « ressuyée », comme disent les jardiniers, pour transplanter tout ce petit monde au jardin. Surtout les « vaillantes » pensées sauvages [Viola tricolor] qui devraient être violettes, blanches et jaunes et fleurir de la fonte des neiges [l'an prochain] à la fin des récoltes. Sur le sachet de semences il est écrit qu'en plus d'être bien belles et encourageantes au jardin, elles sont délicieuses à manger, fleurs et feuilles, en salades, on peut même les boire en tisanes, arôme de thé des bois. Ça donne faim et soif. C'était aussi écrit « germinaton difficile », mais elles ont poussé tout de suite et très dru. J'hésite à le séparer et à les repiquer, elles ont l'air tellement fragiles. Pas comme les tomates qui semblent supporter n'importe quel traitement, sauf le manque de lumière et d'eau.

Hier j'ai passé l'après-midi et la soirée à Québec. Voir du monde m'a fait grand bien, l'apéro sur une terrasse, le dîner dans un restaurant, conversations douces, viande rouge avec frites et bons vins ; dans les rues étroites enfoncées entre les vieux murs il y avait des gens partout, et la bonne chaleur de l'été, et déjà des petits nombrils à l'air, un mélange hétéroclite d'hommes et de femmes d'affaires, politiques, d'étudiants, d'artistes, des looks punks, gothiques, et même quelques poupées barbies, et des touristes en grand nombre, et sur la rue Saint-Jean, un défilé bigarré et bruyant de jeunes sportifs à bicyclette ou les bras en croix sur des planches et patins à roulettes en plein sur les pavées inégaux, badoum badoum. Cacophonies de couleurs et de rires, quel bonheur que la vie qui bat.

Et puis j'ai passé pas mal de temps à la librairie Pantoute. J'en suis ressortie avec L'histoire de Pi [de Yann Martel, publié chez XYZ en 2003, traduit par Nicole et Émile Martel] que je n'avais pas encore eu le temps de lire ; j'ai trouvé un autre Plutarque, Comment tirer parti de ses ennemis, moins épais que mes Vies parallèles, mais construit à la manière d'un catalogue où sont décrits et dévoilés avec humour les artifices des flagorneurs avec explications sur comment il est possible de les percer à jour et comment préférer les injonctions de ses ennemis [vu qu'il est impossible de ne pas en avoir] aux éloges prudents et sucrés de ceux qui nous sont chers. J'ai aussi rapporté Tout dire ou ne rien dire, sur les logiques du mensonge, de Jean-Michel Rabaté, qui enquête sur la question : pourquoi mentons-nous si souvent [dans tout : vie politique et familiale, relations d'amitiés, amoureuses, sexuelles] tout en détestant qu'on nous mente. De quoi lire, réfléchir et remplir bientôt quelques carnets de notes.