64. e-projets

Beaucoup de difficultés à allumer le feu ce matin. Je n'ai plus de bois d'allumage, alors j'ai mis beaucoup de papier journal et les plus petites buches en bois mou que j'ai pu trouver, celles avec de l'écorce dessus, refendues et bien sèches, et malgré tout j'ai dû m'y reprendre à trois fois. Une heure plus tard, la chaleur se répandait un peu, enfin. Il faisait moins 15 quand je suis descendue. Pas chaud en bas. Mais dans ma chambre, la température était encore très confortable. Il fait toujours plus chaud à l'étage même si je laisse les thermostats à 16. En haut, dans les chambres, il y a un chauffage à l'électricité et des grilles dans le plancher de sorte que la chaleur diffusée par la cheminée monte et s'accumule pendant la journée. Mais trève de détails domestiques, que j'écrive ce pourquoi j'ai ouvert ce journal aujourd'hui, ce qui me trotte dans la tête depuis deux ou trois jours afin de noter quelques idées sur les projets en cours et à venir. Cela concerne ce journal [et autres écritures en ligne], puisque je persiste dans ma décision de ne pas dévoiler les détails concernant l'écriture papier. Juste dire que les choses progressent bien, parfois la discipline ne suffit pas, mais ça aide. Je lis beaucoup et ça permet de prendre du recul, de les oublier entre les séances de travail où il faut bien le dire, je ne rencontre pas toujours la muse.

Love and Writing Project [solarium] continue tout seul, comme sur son air d'aller, au jour le jour, et sans intention ni préméditation sauf celles inhérentes à ce chemin qui est le mien sur la toile depuis six ans et qui peut sembler déroutant avec ses secousses sismiques périodiques qui m'enjoignent de tout arrêter. C'est quand je ne vois pas d'issue que je prends la fuite, mes jambes à mon cou, et ensuite je reviens quand je me rends compte que je ne peux pas m'enfuir de moi-même, et je recommence parfois un autre cahier, parfois sur la page suivante. Je ne peux pas grand chose contre cela, j'apprends à faire avec. C'est un peu comme naviguer sur une mer agitée avec des vagues fâchées qui cassent tout sur leur passage, tout le contraire d'une mer d'huile, lisse à la surface. Je cueille ce qui reste après les tsunamis qui me laissent blessée sur la plage, je ramasse les coquillages, le bois flotté, les algues, les plumes les petits poissons morts, je m'envole parfois avec les oiseaux qui picorent dans le sable, je cueille les cailloux, les pierres précieuses, les épaves et autres trésors. Savoir où tout cela va me conduire est moins important que de vivre l'expérience, de partir avec le jour qui passe, en empruntant les chemins les moins fréquentés.

Et comme j'ai dû l'écrire quelque part, j'ai beaucoup travaillé, depuis janvier, dans mes deux recueils de poésie Les anémones et Les Carnets d'hiver. Verrouillés à double tour, ils reviendront peut-être en ligne bientôt. Une décision est à prendre là-dessus. Méditation.

Maintenant, que faire avec mes deux blogs, Essais et Marginalia. Sont toujours en pause. Que voulez-vous, je ne dois pas être une blogueuse dans l'âme. J'ai eu envie de continuer avec le journal seulement, et je tiens à son appellation de « journal », on dira ce qu'on voudra. Si j'ai tenu à l'occasion des propos un peu sévères envers les plateformes de publication kitsch que je ne nommerai pas, je m'adressais davantage aux gens qui les construisent [tout croches] qu'à ceux qui s'en servent. Juste ajouter que je fais des choix en fonction de ce que je suis et traverse depuis un an ou deux, je continuerai de faire ce dont j'ai envie à ma façon, autant avec les contenants que les contenus, je trouve ça important. Pour moi. Et pour ce qui concerne les autres, chacun fera bien ce qu'il veut, cela ne me regarde pas, et je ne les juge pas. Par ailleurs, mon rapport à ce journal touche de très près mon rapport à l'écriture et à la création littéraire, et donc à mon identité ; et à ce sujet, il ne saurait y avoir de comparaisons ni de compétition avec tout le monde et son père. Bref, je pourrais peut-être un jour retrouver le blogodésir, voilà pourquoi je ne jette [delete] pas mes deux blogs. Pourquoi je les laisse verrouillées ? Bof.

Les Carnets rouges. Eu des envies folles de me jeter corps et âme dans la conception d'un nouveau décor, de revisiter la nature du projet, de sonder ses bases. Mais le jour n'est pas venu de le remettre sur les rails dans une nouvelle version améliorée - tel que vu à télé, héhé. J'ai manqué d'énergie, de temps et de motivation pour soutenir ce projet-là et tant que je n'aurai pas ce souffle-là il n'y aura pas de gros changements, ni de nouveau look top secret. Je n'ai pas fini de transporter tous les textes [Carnets rouges étaient sur blogger, je les déménageais, toutes les archives c'est beaucoup, par des copier/coller sur movable type et puis j'ai arrêté]. Les Carnets rouges pourraient-ils redevenir un espace libre où des auteurs peuvent venir publier eux-mêmes des textes, un petit cercle de journaux en ligne, ou devenir un vrai cercle comme dans le temps ? Ça manque sur le web. Avis aux intéressés, faut pas se gêner pour m'écrire. Surtout ne pas lire au premier degré ces étiquettes et épithètes qu'on a bien voulu me coller, c'était de l'humour ou n'importe quoi. Je ne pique ni ne mords [virtuellement], sauf en cas de légitime défense. Les Carnets rouges sont en ligne, et puis on verra. La question est à l'étude.

Et le nouveau projet qui me tente et m'inspire [une fois de plus], c'est le retour du Lexique et de la Librairie. À l'époque du Journal de Script, j'avais en annexe un début de Lexique personnel qui est encore beaucoup consulté, si je me fie aux statistiques, et le commencement d'une librairie pour mes auteurs préférés et leurs livres, des extraits et notes de lecture. Et j'aimerais les annexer au journal de manière permanente en ajoutant au Lexique toutes les « définitions » qui manquent, i.e. celles que j'ai notées ici et là dans ce journal depuis 2002. Ça va m'obliger à tout relire, à refaire le décor et les bidouillis. Bientôt ces deux annexes revivront, j'espère. L'idéal serait de les glisser dans une base de données comme un vrai dictionnaire avec un alphabet sur lequel on pourrait cliquer et une liste des mots et de noms d'auteurs et des titres, mais les outils et connaissances dont je dispose ne me permettent pas de maîtriser ce niveau technique. Mais tout s'apprend, avec du temps et de la patience. Au travail.