52. une nuit dans un train

les sapins éblouis du 04 janvier 2006

J'ai passé la nuit dans un train, et dans ce train j'ai rencontré nietzsche et nous avons parlé toute la nuit. Il voulait me dire quelque chose à propos du journal. Il était triste et il m'a dit, avant le matin, juste comme le soleil essayait de se lever derrière la brume sur le fleuve : vous avez tort, je lis en ce moment le journal de HP Roché, de Adamov, de Pozzi, et toutes ces démangeaisons sur intermerde, et ça regorge aussi, autant..., et alors ? ne laissez pas tomber, plongez, fermez les yeux et repartez dans votre délire (c'est nietzsche qui parle). Elle (annie) démasque la volonté d'anéantissement qui préfère vouloir le néant que ne rien vouloir. (le nihilisme ou la soupe d'aujourd'hui). Allez revenez, tournez le dos à toutes ces endives bavardes !

Je n'ai pas discuté avec nietzsche au sujet de ses suggestions et propositions. Je médite et je ne sais pas si je reprendrai le journal en ligne, et je n'ai pas rouvert entièrement les portes des archives car tout cela me pèse encore trop lourdement sur le néant. Mais je songe à faire une soupe aux endives [bavardes], et je ferai griller des croutons sur le feu, pour Ernesto qui la dégustera assis sur une petite barrière en bois, derrière les sapins, le bol fumant entre les mains. Avec une grande écharpe de laine rouge enroulée autour du cou.