38. vision

Les suites de ma folle journée de bidouillage d'hier ? Bonnes. Tout est à peu près au point avec Lightbox, ce qui veut dire que je ne vois plus de bogues, mais cela ne veut pas dire pour autant qu'ils sont tous éliminés. Et puis je n'ai pas fait de tests avec d'autres navigateurs, ce qui réserve haituellement son lot de surprises. Au moins, je suis rassurée, les codes sont valides et je n'ai pas fait exploser le bidule à valider sous un nombre incalculable d'erreurs [un cher vieux fantasme]. Voici donc une petite image, cliquez dessus, pour voir. Et je serais reconnaissante de recevoir du feed back si ce n'est pas trop vous demander, vous qui passez par là. Vous, qui passez sans me voir.

par la fenêtre de mon bureau le 14 février 2006, je vois...

Cette image ? Pas grand chose. Juste une des deux fenêtres qui éclairent mon bureau, celle qui est en face de ma table d'écriture, devant le vieux pupitre légué par mon ex-voisin Yehudi. Dans la vitre, un reste de givre fondu, un peu de buée. Derrière, au loin, le fleuve avec le bleu et le blanc du ciel, et un érable aux mille branches qui la traverse de bord en bord, un peu comme sur la rue Hutchison, mais ici, il est encore plus majestueux et en santé. Il ne sera pourtant jamais cet arbre auquel je m'étais attachée. Je commence à penser que les liens affectifs, même les plus forts et ceux qui me font le plus de bien, sont faits pour être dénoués, pour que j'apprenne à m'en détacher sinon je n'accepterai jamais de mourir avant cent cinquante mille ans le corps ridé comme une pomme trop mûre. Ce n'est pas un coup à faire à ses lecteurs, ça.

Et dans cet érable, je n'ai même pas encore vu de sympathique corneille avec des plumes bleu noir nichée au creux noueux des branches. Vivement le printemps.

Cette fenêtre, c'est la seule image que je me résigne à « exposer » de ce nouveau bureau fraîchement redécoré par mes blanches mains, espace privé intime que je ne partage pas. J'ai trouvé un antique plafonnier en bronze à cinq bougies que j'ai frotté comme si ça avait été une lampe d'Aladin et je l'ai installé moi-même, connectant les fils électriques à mains nues [facile, j'avais coupé le courant].

C'est fabuleux de vivre dans une vieille maison de ferme construite dans les années folles, et qui a traversé les époques les plus pauvres, et la crise, les grosses familles, je découvre des cachettes et des oubliettes, et des objets biscornus planqués un peu partout et je ne cesse d'explorer et la lampe était dans la remise, au-dessus d'une petite mezzanine où je n'avais jamais grimpé, placée là comme si elle n'attendait que moi pour la faire briller, et revivre en éclairant les mots, les manuscrits, le journal, cet écran, et les tablettes chargées de livres.