28. les canons de la beauté

Autre look, autres moeurs. Et si tout cela n'était qu'un jeu ?

J'ai adoré le dernier gros roman [604 pages] que j'ai lu presque tout d'une traite : Ensemble, c'est tout, de Anna Gavalda. Du petit lait. De l'eau de rose. J'y ai déniché cet extrait d'un livre de poche [bizarre, aucune mention du titre ni de l'auteur], au sujet de Diane de Poitiers :

– Toute la cour – sauf Mme d'Étampes, bien entendu – était d'accord pour la trouver admirablement belle. On copiait sa démarche, ses gestes, ses coiffures. Elle servit, d'ailleurs, à établir les canons de la beauté, dont toutes les femmes, pendant cent ans, cherchèrent furieusement à se rapprocher :

Trois choses blanches : la peau, les dents, les mains.
Trois noires : les yeux, les sourcils, les paupières.
Trois rouges : les lèvres, les joues, les ongles.
Trois longues : les corps, les cheveux, les mains.
Trois courtes : les dents, les oreilles, les pieds.
Trois étroites : la bouche, la taille, l'entrée du pied.
Trois grosses : les bras, les cuisses, le gros de la jambe.
Trois petites : le tétin, le nez, la tête.

N'est-ce pas savoureux et fort joliment tourné ?

Cela dit, je me sens un peu plus légère grâce à ce livre, mais je ne joue pas. Ma colère s'est encore une fois adressée au journal, et je sais bien que ce n'est pas de sa faute ni de la faute aux blogs de la blogonatmosphère bigarrée tout entière si la maison est à vendre et si je n'aurai plus mon fleuve sous les yeux en me levant le matin. J'arrive à peu près à y penser, et à me calmer. L'envie de monter au grenier et de balancer le portable par la fenêtre de la lucarne s'atténue. On va s'en sortir, une fois de plus.