26. le look

Je n'aime pas la nouvelle décoration. Après avoir tant hésité avant de l'élire parmi des centaines d'autres, je la voyais comme la meilleure et la plus belle alors j'ai passé des heures et des heures à la transformer, bout de code par bout de code, pièce de puzzle après pièce de puzzle, afin de la « franciser » et d'ajouter les liens vers ce qui manquait de mon propre contenu dans cet espace noir en bas. Sur la première page, l'index, il y avait deux débuts de billets, celui du jour et celui de la veille. J'ai viré le deuxième. C'était à peu près à mon goût mais voilà que le petit rose s'est mis à m'énerver.

Quand je n'aime plus la présentation de mes pages, normalement, je la quitte assez vite avant que le dégoût ne me monte à la gorge comme la dernière bouchée en trop d'un souper trop bien arrosé. Sauf que cette fois, je n'aime pas le décor et je le garde. J'endure. Je prends le mal en patience. J'apprends à différer mes impatiences.

J'ai même cherché un dessin parmi mes images, quelque chose pour remplacer la petite branche de cerisier avec des fleurs roses et un papillon dessus, qui flotte toute seule comme une idiote dans le coin de la page en haut à gauche. J'aurais aimé trouver quelque chose comme un petit, tout petit capteur de rêves. J'en ai plusieurs, dont un qui aurait été fabuleux, mais il est trop gros et il m'est impossible de l'insérer dans la page. J'ai tout essayé ; s'il apparaît au complet, le texte est repoussé vers le bas et je n'aime pas ça, si je réduis la taille de l'image, il prend l'allure d'une insignifiance minuscule dans son coin, très moche. Autant remplacer la branche par un gif qui tourne, clignote et saute partout. Ou un smiley grivois.

Je n'aime plus l'apparence actuelle des pages de mon journal. Je n'aime pas celles que j'ai dessinées avant, soit à partir de rien, soit en adaptant des modèles existants.

Je ne changeais pas pour rien, je veux dire : je ne perdais pas tout ce temps à me tremper les deux mains dans les codes jusqu'au coude par pur caprice, juste pour changer de look ou de style. Tout le temps j'aurais aimé trouver une mise en page qui « représente » et serve le journal, quelque chose qui ferait qu'on ne le confonde plus avec ses voisins, par exemple. Une présentation qui le distingue, en fasse un objet différent de tout le reste.

Je n'ai plus envie de chercher un nouveau design. Au bout du compte, ils sont tous pareils. Des fringues vulgaires et bon marché confectionnées en série avec des marques de commerce collées dessus en plus. Tout cela me dégoute.