34. alleluia

2006.02.06_sapin glacé

Ne dirait-on pas de mon beau sapin, roi des forêts, qu'il a la goutte au nez ?

J'ai fini mes annotations de Mort dans l'après-midi.. Samedi soir, j'ai lu le dernier des Contes de Jacques Ferron. Incisifs, fantaisistes, drôles, magiques, politiques, truculents. Tout sauf bienséants, et fort à mon goût. Bref, à relire.

Lu hier soir Mort d'un personnage, de Jean Giono. Je l'avais ouvert, vers 10 heures et demie, avec l'intention d'en traverser deux ou trois pages avant la nuit et je n'ai pas été capable d'arrêter avant d'avoir rencontré le point final, tout ceci à cause de la grande beauté du personnage, mais aussi de l'étrangeté, l'absence d'âme et le renoncement à la vie de la grand-mère, comment c'était esquissé et vu par le petit-fils, et puis la transfiguration, le grand appétit final et la colère juste avant le glissement dans la mort d'un seul coup comme une pluie d'été. Ça m'a menée aux petites heures du matin, le feu mort dans la cheminée, la maison glacée et moi toute courbaturée pour cause d'immobilité prolongée sous les deux épaisses couettes. Tout un livre.

Je sors très peu, bien contente du prétexte facile que m'offrent les pluies, les grands vents et le verglas, pour lire. Les routes sont mauvaises, quelques rangs sont même inondés et fermés. Par ailleurs, j'avance aussi sûrement que tranquillement dans la peinture de mon bureau. Mon vert « serpentine » est parfait, il ressemble comme deux gouttes d'eau à celui de l'image sur la page du 9 janvier, mais en plus chaud et avec un peu de turquoise dedans, la pièce va être magnifique. J'écris pas beaucoup et ce n'est pas bon, c'est le doute à se demander si ça servira à changer quelque chose ou si ça ne servira jamais à rien ni personne. Mais je n'ai pas arrêté le processus pour autant, je prends des notes pour les lieux et les personnages quand ça se présente, c'est très étrange comme vivre dans une autre dimension. Je rêve d'avoir un cheval, de rénover et habiter le grenier pour en faire mon atelier d'écriture avec la baignoire à pattes dans un coin, mais auparavant je devrai avoir fini de restaurer tout le reste : rafraîchir la peinture au deuxième étage dans le couloir et les chambres, installer des plafonniers [il en manque encore trois], une main courante dans l'escalier, changer les lustres en bas, améliorer l'éclairage dehors et dans la remise, réparer les fenêtres, isoler le plancher de la cuisine, et caetera et Alleluia. On a pas fini d'en entendre parler.