132. quelques miaous

buches et feuilles jaunes_12.11.2005

Samedi matin. Le déménagement a pris deux jours : ce lundi 7 novembre trois hommes ont emballé les meubles dans des couvertures épaisses et matelassées et les ont mis dans leur gros camion avec mes 93 boîtes et des paniers remplis à craquer, ils ont conduit le camion avec son contenu sur le terrain de la compagnie de transport et il y a passé la nuit, et moi, j'ai pris la route tout de suite avec les quatre chats dans une cage grand format, ils n'ont pas eu peur du tout, ils ont seulement fait quelques miaous inquiets lorsque je me suis arrêtée faire le plein d'essence et pour manger un peu vers 14 heures. Et puis mardi, deux des hommes dans leur camion ont fait la route jusqu'ici avec mes affaires, sauf les plantes et mes objets trop précieux et fragiles que je transporterai moi-même, et ils sont arrivés à 10 heures du matin, ils ont déchargé le camion, il faisait beau soleil et ils n'ont pas mis plus de quatre heures à déballer et entrer mes affaires dans la maison en disant de temps en temps, dites donc, ça va vous faire tout un changement en s'extasiant sur la beauté des lieux et du paysage, ils ont tenu à installer chacun des meubles à sa place, surtout mon bureau de travail pour trouver le bon angle, face au fleuve, ils ont remis en état ceux qu'ils avaient dû démonter comme les lits et les tables et ils ont mis toutes les boîtes dans les pièces où elles doivent aller, grâce à mes précieuses étiquettes, ils disaient « litt » c'est la littérature dans votre bureau à l'étage ? ok, « vêt » c'est les vêtements dans votre chambre ? oui, la plus grande, la première à gauche de l'escalier, celle qui a une échelle pour monter au grenier [où je rêve déjà de faire installer une baignoire à pattes et tous les livres de ma bibliothèque actuelle et à venir], et ok, les boîtes « cui et vaiss » étiquetées « fragile », c'est ici en bas dans la cuisine. Gros travail. Vers midi j'ai fait du café [les hommes riaient en savourant mon espresso très très serré] et j'ai servi des biscuits au beurre [tout ce qu'il me restait] qu'ils ont grignotés, affamés. Vers quatorze heures le camion était vide alors je les ai payés et ils sont repartis contents, et j'étais enchantée du travail accompli en si peu de temps.

Samedi matin. J'attends le plombier pour l'installation du lave-vaisselle, vérification et entretien de la fournaise, et caetera. Tranquillement je reprendrai le journal. Ma vie change radicalement, bout pour bout, et de bord en bord. Je veux tout organiser pour que la maison respire à son aise et que les questions matérielles et techniques ronronnent et fonctionnent sans que j'aie à y mettre quotidiennement trop de mon temps et de mes énergies, le but étant de me consacrer à l'écriture corps et âme. D'ici là, je n'ai trouvé personne pour corder le bois de chauffage. Pas cherché beaucoup. Mais trop mal aux bras, aux mains, et à chaque muscle pour le faire moi-même. Pour tout dire, l'entreprise fut et demeure plutôt éreintante. Il reste à déballer et placer le contenu de 80 boîtes [j'en ai éventré 13 cette semaine], installer les étagères, changer certaines lampes plutôt affreuses par mes lampes à moi, monter les bibliothèques et placer les livres, retourner à Montréal chercher les plantes et le reste [beurk], il reste aussi à passer chez le notaire le lundi 21 et finaliser la vente de la maison rue Hutchison, rembourser la banque, aller au bureau de poste pour le changement d'adresse. Il reste encore quelques feuilles jaunes dans les érables derrière la maison, et l'olivier a toujours ses feuilles un peu crispées et froissées, certes, mais bien vertes, je ferai une photo. Je crois bien qu'il y a ici une sorte de micro-climat. J'ai commandé trois nouvelles boîtes pour le compostage, en bois de cèdre.