131. vue sur les montagnes et le fleuve, à 13 heures 49

mélèze, le 02.11.2005

Il y a une petite rangée d'arbres qui sépare le jardin de la route, à gauche de la maison. Ils sont sept. Je crois que ce sont des mélèzes japonais, j'ai cherché et pas trouvé grand chose sur le sujet. Le ciel est d'un beau bleu et quelques nuages. Il fait doux et l'après-midi passe doucement. Je ressens encore le grand calme de la maison qui me fait du bien. Hier, des coccinelles sont venues dans mes fenêtres, elles marchaient, cherchant sans doute un peu de chaleur sur les vitres et je ne voyais que les petits ventres ronds et noirs se promener en rond, elles étaient trois ou quatre à parcourir comme des ventouses chacun des carreaux, peut-être viennent-elles là pour se faire la cour avant leurs grandes copulations matrimoniales et automnales ? Les coccinelles font elles leurs bébés à l'automne ou au printemps ou encore quand leur petit coeur est à la fête ? Tant et tant de choses que j'aimerais connaître. Mais les journées sont trop courtes. Je n'ai pas fait de recherches pour trouver de l'aide, l'idéal serait d'avoir la force de tout faire par moi-même.

Commencé à corder le bois de chauffage hier et, transportant deux buches à la fois, j'ai pu monter une corde d'environ trois mètres de longueur sur 50 cm de hauteur. Et aujourd'hui, j'étais déjà plus forte [juste quelques douleurs musculaires, un peu d'acide lactique et ça va passer] et je les attrapais par brassées de trois ou quatre et la pile atteint déjà un mètre de haut. Dès que cette page sera en ligne, j'y retournerai car je veux profiter du temps plus que doux. L'air est si bon c'est peut-être parce que la maison est construite à flanc de montagne et avec le vent du fleuve, c'est la combinaison parfaite. Je n'ai même pas parlé de la vue sur les montagnes et le fleuve, à 13 heures 49. J'ai tout le temps faim. Vite du pain et du fromage, une pomme. J'ai commencé à faire des retouches à la peinture, surtout l'intérieur des garde-robes et celui de la grande armoire qui sert de salle de lavage. Oserai-je une confidence championne toutes catégories de mes meilleures diaristiques mièvreries ? Je suis heureuse. Et j'ai tellement tellement de choses à écrire, sauf que pas le temps, je veux d'abord prendre soin de cette maison, et du dehors autour. Ne pas oublier de vous raconter bientôt l'histoire des deux souliers découverts dans le grenier. À faire : couper et faire sécher la menthe et la lavande avant la nuit. Commencer à laver l'intérieur des armoires et des tiroirs, à la cuisine.

Tiens, voici une autre image, celle des sept mélèzes japonais qui ont pris la pose pour moi hier, il faisait plutôt nuageux. C'est bien parce que vous êtes tous - oui oui, je parle ici de vous, lecteurs - hyper gentils de m'écrire quantité faramineuse d'emails aussi délicieux que déliquescents et délirants. On comprendra que je n'arrive pas à rendre la pareille, faut bien que j'écrive mon journal. Et comme le disait si bien je ne sais qui, avec autant de si bons amis, je n'ai pas besoin d'ennemis.

les mélèzes_01.11.2005