113. le jour ou le miellat fit son entrée dans le journal

Les personnes qui n'ont pas vu venir ma passion pour le miellat ne lisent pas ce journal. Dans le Littré, consulté en premier, rien trouvé. Et dans le Quillet datant de 1948, somptueux cadeau de Kevin V. du temps de ma courte lune de miel avec M.C., j'ai enfin la définition et en prime, une formidable liste des épithètes courantes pour le miel [à conserver, ça peut toujours servir] et plus : le vocabulaire, ou famille de mots. Et bien évidemment, la définition du miellat, ou miélat. Je recopie :

miel, n. m. (lat. mel, m. s.). Matière sucrée que les abeilles composent avec les sucs extraits des fleurs. || Doux comme miel, d'une grande douceur. || Mouche à miel, abeille, V, pl. APICULTURE. || Fig. Lune de miel, les premiers temps du mariage.
ÉPITHÈTES COURANTES : doux, sucré, suave, onctueux, liquide, coulant, solidifié, parfumé, odorant, savoureux, récolté, distillé, produit, vendu, mangé, sucé, dégusté, etc.
VOCAB. — Famille de mots. — [rac. mie, mel] : mielleux, miélat, miellé, miellée (nom), mielleusement ; emmiellure, emmiellé, emmieller ; mellifère, mellification, mellifique, melliflue, mellite, mélasse ; mélèze ; hydromel ; mélilot, mélisse ; mélianthe, mélianthées.

miélat, *miellat, n. m., ou *miellée, n.f. [Bot.] Matière visqueuse sucrée exsudée par les feuilles de certaines plantes.

miellé, ée, adj. Enduit de miel. || Qui est sucré au miel. || Fig. Doux comme le miel.

C'est bien joli de se laisser emporter par la poésie des mots, mais le Robert, lui, ne fait pas mention de l'orthographe miélat et dit que le miellat est une « excrétion sucrée d'insectes parasites (pucerons, cochenilles, etc.) vivant sur certaines plantes ; ce produit, recueilli par les abeilles » est du miel de miellat, différent du miel de nectar. Finalement, le miellat, c'est pas mal compliqué. Mais l'idée que les abeilles « composent » le miel [Quillet dixit] n'est-elle pas charmante ?

Par ailleurs, les démarches pour vendre la maison de la rue Hutchison avancent bien, et celles pour m'installer dans l'autre, encore mieux : j'attends le rapport de l'inspecteur en bâtiments et une fois ce rapport lu, il faudra signer un dernier document et ma promesse d'achat sera finale. Il ne restera plus qu'à fixer les rendez-vous avec les deux notaires, puis me rendre chez celui d'ici pour signer les papiers et dire haut les mains [arf] pour qu'on me donne l'argent qui me permettra de liquider le reste de l'hypothèque, payer ma future maison blanche près du fleuve, et en mettre de côté pour mes vieux jours. Mais ceci n'est pas chose faite, enfin pas tout de suite. La personne qui achète ne semble pas capable de verser sa mise de fonds avant le 23 novembre [une nébuleuse histoire de retrait de rentes racontée par son agent qui se résume finalement à un placement fait avant-hier et auquel elle ne peut toucher avant 60 jours, délais à respecter pour sauver de l'impôt], grrrr, dire que je pourrais passer chez le notaire de là-bas d'ici une à deux semaines au plus tard et déménager le lendemain et commander le bois de chauffage, préparer les jardins pour l'hiver, poser les chassis doubles, gratter et peinturer les deux ou trois vieilles fenêtres en bois qui en ont besoin, et quelques carreaux cassés, peinturer les chambres en haut et installer mon bureau, la bibliothèque et les lits pour la visite.

J'imagine que cette seule et unique contrainte liée à la vente de la maison doit se présenter souvent dans ce type de transactions et donc je vais faire avec et prendre mon mal en patience. Chaque jour qui passe, mon envie de partir remonte d'un cran et ce n'est pas très confortable, le seul miellat dans tout ça c'est que je me suis organisée pour ne plus être obligée de travailler et que je peux et vais profiter de ces deux mois pour travailler sérieusement à mes écritures et voir du monde en ville, du monde que je n'ai pas vu depuis longtemps. Entre les pages de mes textes, pendant les pauses et les sorties downtown, je vais faire du ménage et des cartons, emballer la vaisselle, les verres, la literie, les vêtements, les livres et tout le reste et jeter les choses à jeter, donner les choses à donner, et ne pas oublier de vendre la cuisinière parce qu'il y a là-bas une plaque de cuisson et un four encastré, et donc, j'écrirai puisque je ne peux pas partir quand je veux. Bof. L'agent immobilier m'a dit d'espérer, qu'il va essayer de faire avancer la date, mais j'y crois plus ou moins.